Cette année, le thème retenu pour les activités de l’ACF à Angers sera  l’adolescence. Nous avons  été  particulièrement  intéressés  par  l’intervention  de  clôture  de  Jacques-Alain  Miller  à  la  3ème Journée de l’Institut de l’Enfant. Nous prendrons appui sur ce texte de la même façon que nous sommes partis cette année de son Séminaire de 1997/98 sur  le  Partenaire  symptôme.  Le  26  novembre  1997,  alors  qu’il  avait  débuté  son  cours  en commentant  un  tract  sur  les  sans-papiers,  Jacques-Alain Miller disait : « Etre lacanien c’est toujours avoir affaire  en  définitive  à  un  problème  d’articulation entre  la  libido  et  le  symbolique.  Les  lacaniens  c’est ceux qui sont embarrassés avec ça. »

En  2015,  dans  son  texte  «  En  direction  de l’adolescence  »,  il  pose  à nouveaux  frais  cette  question de l’articulation entre la libido et le symbolique à partir  des  rapports  entre  identification  et  pulsion.  Il s’interroge plus précisément sur ce qu’est cette radicalisation  qui  touche  certains  adolescents,  qui  n’estpas de semblant mais qui est «  attachée à un réel de la jouissance  ». Pour Freud, à la puberté, l’adolescent passe  d’une  jouissance  autoérotique  à  la  jouissance d’un objet extérieur. Lacan au contraire conteste qu’il y ait jouissance du corps de l’Autre  : il n’y a de jouissance  que  du  corps  propre  ou  de  son  fantasme. L’adolescence  est  donc  essentiellement  le  temps  de l’exil du rapport sexuel. Alors comment localiser cette jouissance qui envahit le corps  ? A l’époque de l’individualisme démocratique et de ses impasses, Jacques-Alain  Miller  constate  avec  Philippe  Lacadée  que  les adolescents  sont  plus  particulièrement  désorientés par la question de savoir s’il y a un Autre qu’on pourrait  respecter  et  qui  pourrait  vous  respecter[1], «  personne  ne  sait  qui  pourrait  satisfaire  cette  demande tant la question de savoir à qui elle s’adresse reste obscure ». Une  réponse  se  profile  pourtant,  qui  laisse entrevoir  une  nouvelle  alliance  entre  l’identification et la pulsion  : la secte, le groupe en tant qu’ils donnent accès à un certain «  je jouis du corps de l’Autre dont  je  fais  partie  ».  Quand  cela  s’effectue  sous  les espèces de la sublimation –  on fait de la musique ensemble, je jouis de son accord, cela ne satisfait pas la pulsion. Mais quand l’objet regard intervient, la publication  enthousiaste  de  certaines  scènes  sur  les  réseaux sociaux fait au contraire dramatiquement signe de  cette  alliance  possible  entre  l’identification  au groupe et le versant agressif de la pulsion.

L’objet regard  sera justement le thème des prochaines  journées  de  l’Ecole  de  la  Cause  freudienne à Paris, les 5 et 6 novembre 2016. Les inscriptions sont possibles dès maintenant sur Internet.

En attendant, le mardi 6 septembre 2016 à 20h15 dans le cadre des soirées Cinéma-Psychanalyse, aura lieu la projection du film « Ce qu’il reste de la folie » de Joris Lachaise au cinéma « Les 400 coups » à Angers suivie d’un débat avec Michel Grollier, psychanalyste membre de l’ECF et professeur à l’université de Rennes.

Le samedi 24 septembre 2016 à Tours, ce sera le colloque  « La psychanalyse à la lumière du gai savoir de Rabelais », avec pour sous-titre « Les jouissances du corps et de la parole « . Toutes les informations et modalités d’inscription vous parviennent par le biais du journal Le symptômate.

 

le jeudi 29 septembre 2016 à 20h15 à l’Institut Municipal d’Angers, pour la soirée de rentrée des activités de l’ACF à Angers nous aurons le plaisir d’accueillir Laura Sokolowsky, membre du Conseil actuel de l’ECF et auteure du livre « Freud et les berlinois » paru en 2013 aux PUR. Son intervention s’inscrira dans la lignée des Journées 46 de l’Ecole de la Cause freudienne sur l’objet regard.  

Puis le mardi 4 octobre 2016 à 20h, une nouvelle soirée Cinéma-Psychanalyse avec la projection du film primé au Festival « Premiers plans » « Préjudice » de A.Cuypers, au Cinéma « Les 400 coups » à Angers avec une discussion animée par Dominique Fraboulet,  membre de l’ACF.

 

Ces informations ne sont pas exhaustives, nous vous donnerons plus de détails à l’approche de chaque évènement.

 

Nous n’oublions pas l’étude de la psychanalyse avec les enfants avec l’équipe de la Ronde Enfantine,  à Angers et à Cholet, sous la responsabilité de Nathalie Morinière, et les présentations de cas d’enfants au CHU dans le service de pédopsychiatrie du Pr. Duverger, avec les Dr. François Lechertier et Vincent Moreau, les 2ème et 4ème jeudis de chaque mois, de 9h à 10h30.

Vincent Benoist 04/09/2016

[1] Lacadée P., «  la non demande de respect   : un des noms du  symptôme  de  l’adolescent  »,  Le  malentendu  de  l’enfant,  nouvelle  édition  revue  et  augmentée,  Paris,  Editions Michèle, 2010, p. 346.