Séminaire clinique de Touraine, Iris Grace a un peu plus de trois ans, quand en juin 2013, la presse britannique relate massivement l’histoire de cette petite fille dont les toiles provoquent l’engouement sur le net, à tel point que ses tableaux s’arrachent à près de huit cent livre sterling. Les experts d’art parlent de « surprenantes peintures aux allures d’aquarelles impressionnistes », reconnaissent les « qualités plastiques des œuvres » et « apprécient la composition, l’utilisation des couleurs et de la texture » (L’Express « Le génie pictural d’une fillette autiste », paru le 5 juillet 2013). Le jeune âge bien-sûr de la fillette et sa créativité hors du commun participent grandement au buzz sur la toile, mais surtout le réel en jeu suscite l’émotion : à l’âge de deux ans, Iris Grace est diagnostiquée autiste, un autisme sévère, au destin funeste. Pourtant, contre l’avis des experts, sa mère décide de se servir de toutes les passions de sa fille : « c’étaient autant de clés précieuses pour pénétrer dans son univers, m’approcher d’elle et approfondir notre lien » (Carter-Johnson, A., Iris Grace, Presses de la cité, Paris, 2017, p. 82). « Mon changement de perspective, écrit-elle, m’a permis de m’apercevoir que le dessin était un de ses grands centres d’intérêts » (Ibid, p. 83). Dès lors, c’est un véritable traitement du réel en jeu, des pulsions qu’Iris traite via la peinture aquarelle vers une ouverture au monde et à la parole.

Soutenir ainsi les inventions de chacun des autistes, traite la jouissance en excès, la localise vers une régulation de la libido, vers la création d’un lien, vers une ouverture au monde et aux apprentissages. C’est précisément ce que les nouvelles recherches sur l’autisme, rassemblées sous le signifiant d’Affinity therapy (Perrin M. (dir.), Affinity therapy, nouvelles recherches sur l’autisme, PUR, Rennes, 2015) diffusent actuellement. Et c’est ce que nous déplierons dans le détail. Mais, prendre appui sur l’intérêt spécifique de chaque autiste, sur son affinité ne peut se réduire à une méthode (Rouillon J-P., « Autisme et contingence : l’espace de la rencontre », Lacan Quotidien, n° 490). C’est bien plus que cela. Il s’agit d’un acte qui met la singularité du parlêtre au cœur de son fondement.

Myriam Perrin Chérel est psychanalyste, membre de l’Ecole de la Cause freudienne et de l’Association Mondiale de Psychanalyse. Elle est aussi directrice du CPCT-parents (Centre de Consultations et de Traitements) à Rennes et directrice de l’ouvrage Etre parents au 21e siècle, paru aux Editions Michèle en janvier 2018. Par ailleurs, elle est maître de conférence des universités en psychopathologie et clinique psychanalytique, et directrice de l’ouvrage Affinity therapy, nouvelles recherches sur l’autisme, paru aux PUR en novembre 2015.

Yves Girard, infirmier en psychiatrie et membre de l’ACF-VLB, présentera en préambule, une vignette clinique issue de sa pratique.

Salle Jean de Ockeghem à Tours, le samedi 17 février 2018- 14h30 à 17h30. Renseignements:  Hélène Girard-06 71 89 76 81- acf.vlb.tours@gmail.com– page Facebook Association Cause Freudienne Tours. 10 euros-étudiants: 5 euros.