Cinéma psychanalyse

Présenté à Cannes en mai 2017 dans le cadre de la Quinzaine des réalisateurs, L’Amant d’un jour est le 3ème volet d’une trilogie en CinémaScope noir et blanc et dont chaque film réunit 2 femmes et un homme.

Après La Jalousie et L’Ombre des femmes, fidèle à sa lutte contre « la mythologie de l’amour unique » (1) et nourri de ses lectures freudiennes, Philippe Garrel brosse ici un portrait de deux femmes qui illustre, conformément aux considérations de Freud, la disjonction du désir et de l’amour.

Le film s’ouvre sur la jouissance d’Ariane qui occupe l’espace visuel et sonore et à laquelle répond le chagrin désespéré de Jeanne mise à la porte par son amoureux.
Ariane et Gilles s’aiment en cachette. Gilles est le père de Jeanne. Une discussion s’entame alors entre les deux jeunes femmes, en dehors de la présence de Gilles qui reste en arrière tel « une ombre constante à laquelle elles sont liées » (2).

Jeanne croit en l’amour mais ne veut plus jamais le rencontrer « si ça doit finir comme ça ». Ariane veut croire que l’on s’en remet toujours et opte pour le plaisir des corps.

Louise Chevillotte, jeune actrice magnifiquement filmée ici par Philippe Garrel, et avec laquelle nous aurons le plaisir d’échanger, a commenté cette amitié en disant que c’est Ariane, personnage qu’elle incarne, qui tire Jeanne vers la lumière (3). Nous nous attacherons, entre autre, à considérer dans ce film les trajets de chacune au regard de ce clivage entre l’amour et la sexualité.

1 Philippe Garrel et Arnaud Desplechin : Noirs désirs. Ping Pong, France Culture, 26/05/2017

2 idem

3 Rencontre avec LC, Les Cinémas du Grütli

Soirée préparée par le cartel : Yvon Bernicot, Benoît Delarue, Laure Naveau, Ariane Oger, et Géraldine Somaggio.

Lundi 25 juin à 20H au Ciné TNB

1 rue St Hélier, Rennes

Renseignements geraldine.somaggio@numericable.fr