…Compte à rebours…

FORUM DÉBAT SCALP – Nantes

Contre la culture de la haine

Démocratie, éducation, art

Lundi 3 avril, 20h, aura lieu un forum Scalp. On y débattra de la démocratie, du vote et du peuple. On y parlera d’éducation, celle qui tire ses lettres de noblesse de ce que continuent d’être les Lumières : un barrage à l’obscurantisme. On se laissera enseigner par les artistes comme l’a toujours fait la psychanalyse dans un dialogue avec « ceux qui nous précèdent » (Lacan). Au nom de quoi ? Contre la culture de la haine dont est grosse l’idéologie lepeniste.

D’ici l’événement, le vôtre ? Chaque jour, des personnes diront pourquoi elles viendront le 3 avril.

Le compte à rebours est lancé !

 

Eric Zuliani

J-6

 

Parce que c’est chaud !

Par Solenne Benbelkacem Leblanc

Parce que c’est chaud ! Aujourd’hui, des élections approchent et avec elles le risque de voir la propagation de la haine l’emporter. Des psychanalystes de l’Ecole de la Cause Freudienne se lèvent et appellent l’opinion éclairée à venir débattre. Les artistes doivent en être et répondre “Présent !”.
L’accès de Le Pen fille au pouvoir est concrètement possible. Ce serait un changement radical pour notre société avec des effets désastreux pour la liberté de parole, la liberté de créer et la liberté d’inventer sa vie : “Au revoir artistes dégénérés”, “Bye bye mixité-chérie” et “Bonjour censure ” !
Ne nous laissons pas faire. “No pasaran !” criait en son temps la Section Carrément Anti Le Pen aux amoureux de la liberté. Artistes en tout genre, à colerettes, à paillettes, à baskets, à casquettes ou un mix de tout ça, vous êtes tous invités à venir lundi soir.

J-5

 

« Le Diable s’habille en « bonne mère » » (1)

Par François Jubert
(Psychiatre, Comédien, Choriste)

« Le Diable s’habille en « bonne mère » »
Nombreux sont les amis, collègues, voisins, qui, désillusionnés, découragés ou habités par un sentiment de trahison par les Politiques de tout bord ont déjà décidé de ne pas voter ou voteront blanc au 2ème tour, acceptant le risque de laisser MLP accéder à la Présidence de la République.
C’est un acte dont il s’agit d’éclairer les conséquences funestes pour la société démocratique où nous vivons et pour la liberté de chacun en particulier. J’attends de la conversation du 3 avril qu’elle lève le voile sur « la bonne mère » et le programme du FN et fasse valoir qu’il y a d’autres façons de faire payer l’Autre du politique en laissant le Diable lui régler son compte – et malheureusement le nôtre avec !
(1) A. Aflalo, Lacan Quotidien n°642

J-4

 

Les coulisses de la préparation

Solenne Albert

Entretien avec Eric Zuliani et Remi Lestien

Solenne Albert : Eric Zuliani, Remi Lestien, le Forum SCALP qui aura lieu à Nantes lundi prochain se prépare dans une certaine urgence…
Eric Zuliani : Oui une double urgence, le temps presse à double titre. D’abord parce que nous sommes à J-6 du rendez-vous et finalement les choses ont commencé à se mettre en place le week-end dernier. Mais aussi parce qu’il est urgent de se bouger si l’on veut saisir les véritables enjeux des prochaines élections. Le Forum sera l’occasion de prendre du recul, de partir de plus haut afin de comprendre les véritables dangers de l’idéologie lepéniste. Il est d’ailleurs surprenant que sa candidature ne suscite pas plus de prises de positions de la part des autres candidats : nous prendrons position lundi.
SA : Certains s’étonnent que ce soient des psychanalystes qui organisent à travers toute la France ces Forum Scalp. Par quoi, dans cette élection-là, sont-ils particulièrement percutés ?
Remi Lestien : Les psychanalystes sont à même de faire part des conséquences extrêmes du langage sur la subjectivité et sur le lien social. Le rapport à l’autre est fait de semblants imaginaires et symboliques mais aussi d’affects plus troubles, de haines et de passions mauvaises. Les psychanalystes sont donc bien placés pour saisir les enjeux d’une arrivée au pouvoir d’une idéologie de rejet de l’autre.
EZ : Il y a un point commun entre la psychanalyse et la politique, c’est que vivre, vivre ensemble, se choisir un mode de gouvernement des hommes n’est pas qu’affaire de raison et de semblant ; c’est aussi une affaire de mœurs ; comme on dit dans notre jargon, de mode de jouir. La chose est là plus obscure et rétive aux montages socio-politiques. Le FN gratte depuis toujours cette Chose, là est le danger.
SA : On peut en savoir plus sur les tables rondes ?
RL : Il y aura trois tables rondes différentes ; placées sous les axes : Démocratie, art, éducation. Nous réunirons dans une table ronde sur les pratiques artistiques un metteur en scène de théâtre et un plasticien. Christophe Rouxel s’est produit dans des lieux extrêmement divers : villages, banlieues urbaines ou autres sites originaux qui ont mis le théâtre au plus près de populations éloignées de la culture classique. Il s’est emparé de textes qui n’hésitent pas à se confronter à l’exclusion, au racisme et au plus réel du rapport entre les humains. Je pense entre autres exemples à sa mise en scène d’Andorra de Max Frisch. Nous converserons également avec Régis Perray, plasticien nantais très connu, qui s’applique avec précision à retrouver les gestes simples du quotidien ; il n’ajoute rien, nettoie, déplace, parfois efface pour obtenir des effets d’interprétation sur ce qui apparait le plus commun. Il a par exemple filmé l’effacement délicat d’un graffiti raciste sans omettre d’en révéler les réactions explosives. Leur enracinement respectif dans ce qu’il faut continuer d’appeler le peuple, nous révélera ce qu’il y a d’absurde à s’y référer pour justifier une culture de renfermement et de haine.
EZ : La table consacrée à la Démocratie s’annonce passionnante. Les premiers échanges avec Florent Guénard, Maître de conférences en Philosophie morale et politique, directeur de la revue La vie des idées ont été fructueux. Il a très vite accepté notre invitation, et c’est toujours une surprise pour moi de découvrir de nouvelles personnes qui étaient tout près…
SA : Justement, comment avez-vous fait pour trouver les différents intervenants ?
EZ : De proche en proche, un mail par-ci, un coup de fil par là. Un petit message sur FB à un « ami » que finalement on connaît mieux. On essaie de donner envie, et ça marche. J’ai commencé le livre de F. Guénard (La démocratie universelle, éditions du Seuil), et là, ça donne envie de lui poser bien des questions qui permettront de mettre en lumière les impasses conceptuelles dans lesquelles se trouvent nos démocraties. F. Guénard met l’accent sur ce principe selon lequel un système de gouvernance mal pensé, réduit dans sa complexité, a des effets d’impasses dans le réel. On comprendra sans doute mieux alors, ce risque que fait courir la candidature de MLP à la démocratie.
SA : Et sur l’éducation ? Pourquoi avoir choisi de faire une table ronde sur ce thème ?
RL : L’éducation populaire est au centre des questions qui sont posées à notre civilisation par la mondialisation et les nouvelles migrations. Le vivre ensemble fondé sur la laïcité, la fraternité, la démocratie n’est pas un mode immuable de lien social. La peur de l’Autre se nourrit, de fait, de la chute des grands idéaux républicains et des exigences individuelles de jouissance. Au plus près de ce qui se transforme, l’éducation populaire se tient ouverte aux expressions de chacun et aux orientations sociales des politiques publiques. Elle devient un lieu de débat et de création pour lutter contre l’exclusion, la haine de l’autre et la ségrégation.
SA : Remi, Eric, merci de nous avoir consacré un peu de temps dans ce rush de la préparation !
RL : A bientôt
EZ : A très vite !

J-3

 

Pour éloigner les matricules

Par Valérie Gombert (Cadre de santé)

Pourquoi venir ? Pour la parole, les murmures, les singularités. Pour la question des différences, pour faire entendre les voix de ceux qui ne se prononcent pas, sujets pas tout à fait standards. Pour les frontières ouvertes, le bruissement des langues et la Démocratie. Pour les orientations sexuelles, cultuelles, politiques, les droits d’asile. Pour les fiertés, d’Histoire à histoires, pour les livres ouverts à la page que l’on veut, pour l’écriture vagabonde et les flammes qui réchauffent. Pour éloigner les matricules. Pour tenir bon l’objet précieux transmis par les parents, grand parents. Pour tendre avec sourire le témoin à demain. Pour les enfants, les caches cache amoureux, pour les désirs d’averse, la poésie et la peinture, la sculpture, la musique, la poésie toujours.

Parce qu’il faut déverrouiller notre pensée!

Par Laure Rodier
(Co-fondatrice de l’association « Moulin à paroles », Bibliothèque nomade de littérature jeunesse)

Partisane de l’éducation populaire, je crois à l’éveil des consciences par la conversation, le débat et la transmission. Trois piliers qui sont, aujourd’hui, menacés de disparition. La Série de Conversations Anti Le Pen initiée par les psychanalystes de l’Ecole de la Cause Freudienne nous offre une occasion de déverrouiller notre pensée. Des intellectuels qui nous invitent à « Scalper » ça n’arrive quand même pas tous les jours ! Alors prenons cet appel au sérieux et rassemblons-nous le lundi 3 Avril pour trancher ensemble dans le vif de notre actualité et faire barrage à l’inacceptable : le fascisme !

Parce que mémoire oblige !

Par Camille Mercier
(Psychologue)

L’enjeu de ces prochaines élections présidentielles est crucial en termes de maintien d’un État de droit.
Que les marchands de haine portent pantalon ou jupon, sous le vernis une immonde grimace faite à la mémoire de celles et ceux qui nous ont précédés et se sont battus au péril de leur vie afin que nous n’ayons pas à vivre à genoux.
Rien n’étant jamais acquis, le risque de basculement de la France dans un régime aux accents fascistes ou national-socialistes est à considérer avec sérieux.
Hors de question de céder sur le plaisir et la liberté de : créer, rencontrer, parler, rire, aimer,échanger, découvrir, rêver, débattre !
Y être et en être, je répondrai donc présente au Forum-Débat organisé lundi prochain par l’ACF-VLB.
Au plaisir de vous y retrouver.

J-2

 

Ce que voter veut dire

Par Mathilde Hamard (Psychologue)

C’est parce qu’à, à peine vingt ans, j’ai découvert au soir d’un 21 avril ce que voter voulait dire, que je serai présente au Forum SCALP le 3 avril prochain. Ce soir là, j’ai fait l’expérience du choix forcé d’un second tour.
Autre époque certes, quinze ans ont passé, mais ce goût de déjà vu n’est pas si loin. Il n’en est pas question. C’est maintenant qu’il faut se mobiliser, avant qu’il ne soit trop tard.

Alors, rendez-vous le 3 avril ! J’y serai pour participer au débat sur la démocratie, le vote et le peuple. J’y serai pour entendre les invités sur ces questions cruciales. Il en est de notre avenir.

Pourquoi j’irai au Forum SCALP ?

Par Benoite Chéné (Artiste plasticienne)

Je serai là le lundi 3 avril pour:
DIRE mon attachement aux lois de la république et à la démocratie.
AFFIRMER avec d’autres mon refus du parti anti-démocratique qu’est l’extrême droite de MLP.
FAIRE ENTENDRE, plus que jamais aujourd’hui, mon attachement à UNE FRANCE DE CULTURE MULTIPLE.

Soutenir la différence et la singularité

Par Dominique Rayneau (Psychologue)

Tout comme il était important que je signe la pétition, j’irai participer à la soirée SCALP. Les dernières élections, de par le monde, ont montré combien était fragile la démocratie. Il faut la soutenir ! En tant que psychologue, je ne peux accepter le discours d’un parti qui rejette la différence et pointe tous les problèmes comme venant de l’autre. Un parti qui donne la haine comme solution. Pour pouvoir continuer à vivre, à travailler pour soutenir la différence et la singularité, il est urgent de débattre ensemble pour faire émerger un autre discours.

J-1

 

Ne pas laisser le hasard mortel décider pour nous

Par Christophe Balguerie (Psychologue)

Au Front National, la pulsion de mort est partout. La pulsion de mort, c’est son fonds de commerce, son mode de satisfaction mortel. Dans la langue, dans les corps, dans les actes des frontistes, elle transpire toujours. Elle n’est jamais vraiment refoulée. Dans son programme politique de haine et de rejet de l’étranger, le FN la revendique sans honte.
L’étranger, c’est nous tous. Fondamentalement, nous sommes étrangers. À nous-mêmes du fait de l’inconscient, pour l’autre par la jouissance toujours singulière. C’est nous qui sommes visés par le FN. L’élection de Marine Le Pen risque de se jouer sur un coup de dés. Lundi 3 avril, SCALP élèvera une digue signifiante contre la Chose FN pour ne pas laisser le hasard mortel décider pour nous.

Soyons de ceux pour qui la liberté de pensée est essentielle à l’humanité

Par Isabelle Espert (Doctorante)

Une voix qui séduit la foule …
Un discours déguisé qui draine insidieusement avec lui la pulsion de mort, la haine, la peur et met de côté l’altérité, la différence et la liberté de parole. L’histoire semble se répéter … à moins que la majorité ne décide de prendre position contre cette obsession du mal. Soyons de celle là. Soyons de ceux pour qui la liberté de pensée est essentielle à l’humanité.
Je défends dans ma pratique et mes recherches une éthique du sujet, une éthique de la différence loin de la pensée violente et autoritaire. C’est un travail méticuleux qui m’amène à réaliser ô combien peut être fragile l’équilibre que l’être tente de créer pour vivre.
Qu’en sera-t-il de cet équilibre face à un mur de certitudes ?
Je veux pouvoir continuer à réfléchir sans qu’une voix vociférante, s’installe dans notre quotidien et s’impose comme elle est venue, de manière insidieuse …

Jour « J »

 

Le poids de la voix

Par Christine Dabin (Conseillère Municipale)

Alors même que certains défendent l’idée qu’un vote blanc est une voix, d’autres pensent se faire entendre par leur absence aux isoloirs.
Pour qu’une voix soit une voix, il faut qu’elle s’inscrive dans un cadre, ce cadre, c’est celui établit par la démocratie ; hommes et femmes sommes appelés à nous prononcer pour désigner celui ou celle qui portera le mieux nos idées, nos valeurs et qui assurera pour chacun une possibilité de se faire une place dans cette société.
Femmes, c’est à elles que ce court propos est adressé, à elles qui fort longtemps n’ont pas compté comme voix. A elles qui pourraient croire justement que le moment est venue d’élire une femme, en reconnaissance de la place qu’elles ont dans la société. Mais c’est en mémoire d’une aïeule qui m’a initiée au débat politique que j’avancerai, sans hésitation pour dire qu’avec cette femme, de débat, il n’y en aura pas ! Que serait alors une société sans débat ?…
A l’ère de l’interconnexion généralisée, rien d’autre que le vote ne permet de fixer cette voix, cette parole comme – UNE
Si les chiffres trop souvent nous écrasent et nous empêchent de penser, aujourd’hui, ils peuvent nous servir à faire le poids contre l’adversaire. L’absence aux urnes comme contestation n’a aucun retentissement, aucun effet, alors qu’une montée au pouvoir de MLP, du parti de la haine nous plongera tous dans un climat de suspicion pour ne pas dire de la peur, de la haine et des horreurs qu’elle entraîne…
Si le chiffre à un sens, il a au moins celui-là ; celui de nous compter comme UN
Il faut donc nous en servir !

« Marine Le Pen, tu le crois pas ça… » (1)

Par David Bruzon (Psychologue)

« Marine Le Pen, tu le crois pas ça… » (1)
Philippe Katerine dans sa chanson Marine Le Pen (2005), invente une rencontre fortuite avec elle.
Se promenant dans les rues de Paris, il voit devant lui une blonde aux cheveux longs et l’aborde. Stupeur!  » Marine Le Pen, tu le crois pas ça!! ».
Dès lors,une course poursuite s’engage, Philippe Katerine a mis le pied dans un jeu dangereux. Il cherche à fuir mais, ses multiples tentatives sont vaines, l’angoisse monte…Marine Le Pen est partout, à tous les coins de rue.
En cela le scénario imaginé par cet artiste en 2005 est aujourd’hui devenu réalité.
Pourquoi?
Olivia, une enfant de cinq ans m’a livré un élément de réponse en me disant:  » Marine Le Pen, elle est belle et du coup, on voit pas qu’elle est méchante ! « .
Olivia a raison, Marine Le Pen donne un visage humain à la haine, si rassurant que les sondages nous indiquent qu’un électeur sur quatre la soutiendrait.
« La société de la culture est constamment menacée de désagrégation » (2) comme le disait Freud. Marine Le Pen ou bien Marion Maréchal Le Pen nous révèlent avec fracas qu’au-delà des apparences « l’homme n’est pas pas un être doux, en besoin d’amour…mais qu’au contraire il compte aussi parmi ses aptitudes pulsionnelles une très forte part de penchant à l’agression ».

(1) « Marine Le Pen » de Philippe Katerine (2005)
(2) Freud,Malaise dans la civilisation, chapitre 5.

Responsable de pôle : Solenne Albert – Email : solennealbert@hotmail.fr

L’Association de la Cause freudienne a pour objet l’étude de la psychanalyse et l’insertion de la psychanalyse dans la cité. Le bureau de Nantes-Saint Nazaire propose cette année des Conférences (organisées avec la Section Clinique de Nantes), les Soirées d’étude de la psychanalyse, les Rencontres cinéma-psychanalyse.

Par ailleurs, il aide à la formation et soutient le travail des Cartels (petits groupes de travail) de l’École de la Cause freudienne, ainsi que les activités des groupes du Champ freudien : Centre Interdisciplinaire de l’ENfant CIEN et Centre d’Etude et de Recherche sur l’Enfant Dans le discours Analytique CEREDA, ainsi que le Séminaire de recherches psychanalytiques de l’École de la Cause freudienne.