===> Couples célèbres – Flèches Amoureuses ===>

C’est avec beaucoup de plaisir que nous accueillons Dalila Arpin, le 25 mars prochain à Nantes. Dalila est psychanalyste, membre de l’Ecole de la cause freudienne et membre de l’association mondiale de psychanalyse, récemment nommée Analyste de l’Ecole (AE). Ce qui signifie qu’elle a fait La passe, c’est à dire qu’elle a témoigné de son analyse devant ses pairs.
Elle a rendu compte du déroulement de sa cure : de sa logique, de ce qui aura été pour elle, la conclusion, dans sa singularité.
Elle nous présentera son témoignage de passe, articulé à son livre « Les couples célèbres- Liaisons inconscientes »[1]. Il sera donc question d’amour et de désirs inconscients !
En cartel, nous avons sollicité une quinzaine de collègues qui ont répondu avec enthousiasme à notre proposition de nous dire quelques mots de ce qu’ils ont aimé dans le livre de Dalila Arpin.
Ainsi, chaque jour, jusqu’au 25, une flèche amoureuse épinglera un couple célèbre de Dalila.
Pour chacun de ces couples, Dalila attrape la singularité du lien amoureux en prenant comme orientation la psychanalyse lacanienne. Nous avons maintenant l’habitude de dire après Lacan, « il n’y a pas de rapport sexuel ».[2] Chez les humains, il n’y a pas de programme. C’est pourquoi « ce qui supplée au rapport sexuel c’est précisément l’amour »[3]. C’est-à-dire que chacun doit inventer son histoire d’amour. Analyste, analysant forment aussi un couple particulier. L’amour y est présent : c’est l’amour de transfert. Dalila nous montrera comment, à partir des dires de l’analysant, sur le mode de l’association libre peut surgir le « Donc je suis çà, »[4] de la conclusion.
Ces couples célèbres nous font rêver, ce sont autant d’histoires d’amour que nous allons suivre comme un feuilleton jusqu’au 25 mars. Ne manquez pas un épisode de ces petites newsletters sur l’amour !

Françoise Pilet-Frank
Déléguée aux cartels
Nantes – St Nazaire

[1] Dalila Arpin, Couples célèbres, liaisons inconscientes, Navarin, Paris, 2016.
[2] Lacan J., Le Séminaire livre XIX, …ou pire, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, collection champ Freudien, 2011, p.99.
[3] Le Séminaire livre XX, Encore, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, collection champ Freudien, 1975, p.44.
[4] Miller J.A., « Donc, je suis ça », in La cause freudienne N° 27, La Passe : fait ou fiction, Publication de l’Ecole de la cause freudienne, Paris, 1994, p. 15

Flèche Amoureuse n°1 ==>

« Salvador et Gala Dali »,

Couples célèbres, liaisons inconscientes, Navarin, Paris, 2016, p. 101-116

Par Christine Maugin

 

Quel est donc l’amour qui unit Gala et Dali? Dalila Arpin nous propose une lecture passionnante de ce couple.
Gala se fit muse, mère, le seconde dans l’ombre, elle se dévoue pour lui épargner la moindre difficulté, elle sacrifie ses désirs tandis que Dali idéalise, vénère Gala en position de mère idéale ; la présence de Gala le conforte et le stimule.
D. Arpin indique que Dali était l’homme le plus loyal, fidèle à 100%. Son amour pour Gala est un parfait remède contre la dépression. Il l’aime plus que père, mère, gloire et argent. Mais c’est aussi un monde clos, où la béatification de Gala fait perdre l’érotisme de leur couple.
L’hypothèse de D. Arpin est aussi que Dali traite la menace identificatoire avec le frère mort par le choix d’une femme au prénom proche du frère. Elle propose aussi que l’idéalisation de Gala fait consister, voire exister La femme pour en retour, donner consistance à cet enfant-roi qu’était Dali. Enfant qui convoque Gala en position de femme-Dieu.
Chacun créant alors l’autre.

<== Flèche Amoureuse n°2

Dali-Gala

Par Christophe Balguerie

Amour. En rencontrant Gala, Dali crée La femme qui n’existe pas. Coup de foudre immédiat, il rompt avec ses amours infantiles, surtout la mère. Sa satisfaction à elle ? Être la seule femme pour un homme. Désir. Lui, « J’aime passionnément être dominé par Gala ». Elle, mère d’un enfant-roi, fait de son « petit » l’artiste mondialement reconnu. Jouissance. La rencontre de deux fantasmes, sans la rencontre des corps. Il jouit seul de son corps. Elle réalise inconsciemment sa vie sexuelle dans le fantasme incestueux avec l’enfant-Dali. Nouage. « C’est avec ton sang à toi Gala que je peints mes tableaux », qu’il signe de leurs deux noms réunis. Dénouage. Gala est pour Dali le rempart au désordre provoqué au joint le plus intime du sentiment de la vie[1]. Elle décédée, il sombre dans une profonde dépression.
[1] J. Lacan, Écrits, Seuil, page 558

Flèche Amoureuse n°3 ==>

Arendt – Heidegger

Par Vincent Lestien

Elle est un regard qui lui assure une image flatteuse de lui-même, il est pour elle un « ravage ». L’amour qui unit Hannah Arendt et Martin Heidegger eut beau s’étaler sur plus de cinquante ans, comment ne pas voir qu’il ne fut pas du même bois ? Essentiellement imaginaire, narcissique, du côté du philosophe de l’Être et le Temps, il prit consistance chez Hannah Arendt à partir de son angoisse de n’être pas reconnue, que l’élu savait raviver. Heidegger fut en somme son mal, presque banal. Un partenaire-symptôme ravageant, comme peut en rencontrer une femme. Lacan avait donc raison : l’amour, surtout quand il dure, a partie liée avec le réel.

<== Flèche amoureuse n°4

Monroe et Miller

Effrayée d’être la femme de quelqu’Un

Par Denis Brunelière

C’est alors que les sarcasmes fusent sur MARYLYN MONROE qu’ARTHUR MILLER en tombe furieusement amoureux. Mari et père, il se sent glisser vers une vie nouvelle, ‘pas vraiment choisie’. MARYLYN lui confère une puissance intellectuelle qui le pousse à écrire. Plein d’espoir, il sera le protecteur de cette femme en détresse.
Pour Norma Jeane « l’orpheline », c’est la découverte du regard porté sur elle par un public, « seul foyer capable de l’accueillir », qui fut déterminante. Restait à se faire un nom de star pour incarner La femme. MARYLIN cherche des hommes exceptionnels eux-aussi, dans le sport, la politique ou la littérature…avec Arthur Miller.
Mais c’est au travail qu’ARTHUR s’acharne, ce que MARYLYN vit comme un rejet. La liaison devient orageuse et lorsque Miller écrit pour elle Les Désaxés, elle y lit une interprétation désespérante de l’exception qu’elle est. Dès lors Miller sent qu’il n’a « plus aucun mystère salvateur à lui offrir ».
Fin de l’histoire…Chacun poursuit son destin.

Flèche Amoureuse n°5  ===>

Dora et Pablo

Par Remi Lestien

Chez ces deux-là, le regard est convoqué tant pour la rencontre publique que pour le théâtre de l’intime plus spécialement sexuel. Dora avait ainsi mimé une petite parodie d’automutilation pour attraper l’attention du génie. En s’offrant à l’Autre comme femme blessée elle sollicite son amour. Lui, Pablo, cherche éperdument dans la femme ce qui nourrit son œuvre. Il lui faut en passer par la profanation pour l’insérer dans ses tableaux et tenter de traiter la jouissance féminine. Malentendu crucial qui tisse pourtant le véritable montage fantasmatique qui réunit ce couple clandestin. L’explosivité de l’échec du rapport sexuel trouvera chez eux à se résoudre dans la création de chefs d’œuvre, mais exposera Dora à la menace permanente d’une bascule dans la folie de l’abime mystique. Pour nous le couple formé par Dora Maar et Pablo Picasso s’aperçoit pour toujours dans Guernica ou la série des Minotaures comme la rencontre d’un génie et de la femme qui pleure.

<=== Flèche amoureuse n°6

Arendt-Heidegger

Par Isabelle Espert

A propos d’Hannah Arendt, Heidegger écrivit : « Un regard qui étincelait en croisant le mien lorsque j’étais en chaire. » L’objet regard dans lequel Martin « se plongeait » et celui qu’Hannah aimait poser, permit qu’un pont se fasse entre elle et lui. Un amour chaotique était scellé. A travers ses ravages, Martin y trouvait une source d’inspiration et Hannah le maintien d’une souffrance infinie que n’effacerait pas la mort. Face au réel de la morbidité, Martin avait trouvé chez Hannah la vie, c’est-à-dire le goût de la désobéissance et de la création — quant à elle la recherche démesurée d’une reconnaissance ne lui fut jamais accordée.

Flèche Amoureuse n°7 ===>

Eva et Juan Domingo

Par Gaëlle Terrien

« Oh, je ne suis pas une artiste, je suis une bonne à rien ». C’est ce premier énoncé, entendu de la bouche d’Eva, qui indexera le désir de Juan d’un « la protéger ». Eva, voit en lui « l’homme qui fait du peuple sa cause », et de l’injustice son combat. Ce qui lie Eva et Juan Domingo Peron c’est d’être chacun à leur manière un enfant « illégitime ».
Eva, nommera Juan Domingo Peron, son « Sauveur ». Il lui permet dans le sillage du désir maternel de se construire une belle image en réalisant son souhait de toujours : épouser un homme de pouvoir. Dévouée à cet homme par un amour mystique elle le hissera au rang de Dieu.
Pour Juan Domingo Peron, Eva représente, la criolla, trait provincial maternel, et la « femme loyale », fidèle et à ses soins. Juan Domingo Peron répond ainsi à ce qui l’a marqué de la trahison de sa mère. Il se lie à Eva pour l’élever ; d’abord père d’une femme, il devient « Père de la patrie».

<=== Flèche amoureuse n°8

Zelda et Francis Scott

Destin funeste

Par Severine Buvat

« Il n’y a pas de limites aux concessions que chacune fait pour un homme : de son corps, de son âme, de ses biens. »[1] Le couple mythique formé par Francis Scott Fitzgerald et Zelda montre que ce don illimité n’est pas réservé à la position féminine. Ainsi, quand Scott fait « la sourde oreille aux avertissements de sa future belle-mère sur les sautes d’humeur de Zelda », il reste, ça l’accroche, moment décisif du nouage symptomatique du couple. Scott perçoit la fragilité d’une belle femme un peu trop libre et voudra la protéger des autres hommes. Zelda se soutiendra de l’image du dandy pour suppléer à l’enveloppe corporelle qui lui fait défaut. Un voile se déchire, le nouage se défait quand Zelda découvre qu’il s’est inspiré de sa folie pour écrire un de ses plus beaux romans, « Tendre est la nuit ». L’envers du décor apparaît à travers les hospitalisations de Zelda en clinique psychiatrique. Le destin du couple est funeste : Scott meurt à 47 ans, Zelda décède en clinique, dans un incendie.
[1] J.Lacan, Television, Autres écrits, p. 540.

Flèche Amoureuse n° 9 ===>

James et Nora Joyce

« faire-couple-avec-le-réel »

Par Laure Rodier

Le couple improbable ”James-Nora-Joyce », Dalila Arpin nous en offre une lecture fine et brillante. Elle m’a fait apercevoir qu’il me manquait un élément pour appréhender l’œuvre de Joyce : Nora, la femme Roc qui vient consolider l’invention Joycienne. Pas-toute à lui mais suffisamment, sa présence a fonction de suppléance dans l’imaginaire. A partir de son corps à elle, sa voix, son regard, Joyce appareille son égo. C’est le bricolage que cet amour opère et qui fait que cette relation improbable, entre « une belle fille » et un vagabond, devient essentielle à l’écrivain. Son équilibre en dépend. Cette femme nommée la « tueuse d’homme », en écho à une vie amoureuse tristement commencée, a contribué, sans le savoir, à rendre son amant immortel.

<=== Flèche Amoureuses n°10

« Pourquoi passer sa vie à deux plutôt que seul ? » [1]

Par Benoîte Chéné

Nous n’avons pas un rapport simple et direct avec nous-même. En tant qu’être parlant, nous sommes liés à cet Autre dont on a interprété les paroles pour se trouver une place dans le monde. Dès lors chaque rencontre amoureuse est : «l’occasion de cerner la modalité la plus singulière de notre lien à l’autre » [2] Avec quel Autre faisons-nous couple ? En s’aventurant dans les coulisses signifiantes et inconscientes de ses Couples célèbres, Dalila Arpin fait entrer dans l’histoire des partenaires cachés. Elle nous montre avec Lacan en quoi la contingence d’une rencontre peut devenir un traitement singulier du ratage qu’implique toute existence.
[1] Arpin Da., Couples célèbres, liaisons inconscientes, Navarin, Paris, 2016. P10
[2] Arpin Da., Couples célèbres, liaisons inconscientes, Navarin, Paris, 2016. P13

Flèche Amoureuses n°11 ===>

Un amour absolu : Salvador et Gala Dali

Par Alexandre Gouthière

Dans toute son œuvre, Salvador Dali n’a de cesse de nous présenter le corps sous son versant de substance jouissante, faite de « pièces détachées »[1]. L’image du corps y est malmenée, distordue, mise en abîme. Les choses s’y mêlent, le pénètrent, le fracturent, le prolongent. Au sein de cet univers mouvant, Gala constitue pour Dali un élément central, sur lequel il s’appuiera toute sa vie pour suppléer à son inconsistance. Elle apparaît comme une partenaire, qui l’aide à se tenir dans le monde au sens propre. Avec elle, Dali fait couple et littéralement corps. De son côté, Gala s’attache à choyer son homme-enfant comme une mère incestueuse, qui accepte de troquer sa sexualité, contre le nourrissage du talent de celui qui a valeur pour elle d’objet phallique. A travers son livre, Dalila Arpin nous offre un aperçu saisissant du commerce amoureux de ce couple, où la sexualité est reléguée au second plan au profit d’une idéalisation mutuelle, qui permet à chacun d’être «le créateur de l’autre»[2] .
 [1] Miller J.-A., « Pièces détachées », L’Orientation lacanienne, cours du 17 novembre 2004, inédit.
 [2] ARPIN, D. Couples célèbres : liaisons inconscientes, Navarin / Le champ freudien, 2016, p116.

<=== Flèche Amoureuses n°12

James et Nora JOYCE

INVENTION

Par Saliha Tirouvanziam Yadri

Mon choix s’est porté sur un signifiant qui s’articule d’une manière magistrale pour le couple de James et Nora Joyce…INVENTION…
Un énoncé : « Elle n’est pas dans l’adoration ni dans la satisfaction de son amour. »
L’énigme est posée d’emblée dans la rencontre fortuite entre 2 êtres que tout sépare. Un écrivain en errance et une femme qu’il qualifie « d’adorable ignorante ». Le point d’accroche pour James se situe au niveau du regard (chevelure cuivrée) et de la voix « chantante » de celle-ci. Elle est l’élue. Dès le premier rendez-vous, Nora fait de lui un homme, elle lui donne un corps.
Nora aime en lui ce qu’il a d’ordinaire et elle a le besoin de déceler le banal dans l’exceptionnel. Elle ne monte pas sur l’escabeau et elle le descend de son piédestal. Joyce guette l’exceptionnel dans le commun car la beauté peut-être cueillie à n’importe quel moment et dans n’importe quelle situation.
« Qu’est ce que c’est donc ce rapport de Joyce à Nora ? »
Comment est fait cet amour ? Comment est il structuré ? Que trouve-t-elle chez Joyce ?
La fonction de serrage de Nora permet à Joyce de se faire un nom en transformant la langue anglaise. En acceptant d’être le support de son objet cause du désir de Joyce, Nora consent à être assignée à une place tout en n’étant pas toute pour son homme.
Lacan nous dit que l’amour est une invention qui nous permet de nous libérer du complexe d’Œdipe et par là même permet un jeu très ouvert dans le comment tu aimes…

Flèche Amoureuses n°13 ===>

Nora, l’étoffe du Heroe,
James, le vivant du poète

Par Cyril Sautejeau

James qui n’est pas un Bond, s’attache à Nora en attrapant sa diction. Celle qui deviendra « l’étoffe » qui manque à son être, voit en lui l’écrivain qui pourra la sortir de sa condition sociale mais aussi lui permettra de rompre avec la série des hommes morts par amour pour elle.
Mais de tous les traits qui ont captivé James l’(a) diction de Nora, son phrasé, son style langagier, m’ont particulièrement saisi. Dalila Arpin nous dit que Joyce est séduit par les « réponses moqueuses », la « diction chantante » (qui) « la situe à Glaway ». Joyce décide que cette femme rencontrée est toute différente, elle n’avait pas d’instruction autre que l’école primaire, elle n’entendait rien à la littérature… en revanche elle avait (…) un don de répartie que Joyce appréciait.
Bien sûr les lettres à Nora passent du sublime à l’obscène l’offusquant un peu mais le lien de parole lui durera 37 ans comme une addiction.

<=== Flèche Amoureuses n°14

Le couple Arthur Miller- Marylin Monroe

Par Nadège Duret

Le couple que formaient Arthur Miller et Marylin Monroe était surprenant, « improbable » même pour reprendre le terme de Dalila Arpin.
A. Miller a consenti à faire de sa femme, La femme de tous les hommes. La formule « élever une femme » qui nomme la position subjective d’Arthur Miller dans le couple, rend compte de l’équivoque : élever la petite fille orpheline qu’elle était – beaucoup s’étonnait qu’elle sache lire – et l’élever au rang de l’exception féminine.
Marylin Monroe est devenue l’icône d’une génération pour ce qu’elle représentait de la féminité, habillage imaginaire dont la couleur blanche voilait le vide auquel avait affaire l’actrice. Le regard de l’Autre a permis à Norma Jeane de se faire non seulement un nom mais aussi un corps ; et ainsi de se faire une place dans le lien social.
Mais à quel prix ? Lorsque cette position agalmatique a chu, Marylin a sombré. C’est là tout l’envers du décor.

Flèche Amoureuses n°15 ===>

Le couple Scott et Zelda Fitzgerald

Par Cédric Chaillou

En réponse à la déchéance paternelle, Scott Fitzgerald, commença par espérer devenir une star du football et/ou un héros de guerre. Ce père avait chuté de l’estrade où la famille avait trouvé un prestige enraciné dans l’histoire. C’est finalement par le dandysme puis par l’écriture qu’il rentrera dans l’imaginaire du désir maternel. Zelda désemparée par la sévérité de son père, se sentira, elle, lâchée et s’en sortira en jouant de la provocation téméraire du désir masculin. Ces errements de séductrice trouveront un répit quand elle se laissera subjuguer par Scott chez qui elle rencontre une certaine « lévitation enchantée » dans sa posture. Ce portrait irréel lui permet de ne pas déroger à ses exigences sur le plan social. Scott, lui, voit en elle une femme qui lui échappe et qu’il doit conquérir, en se distinguant des autres hommes qui la courtisent, le ramenant aux idéaux chevaleresques transmis par son père. Scott utilise alors les mots pour la saisir comme objet (d’amour), Zelda se pare de ceux-ci pour se constituer un corps, il a la même fonction qu’un “magasin d’étoffes”, nouant ainsi pour elle le symbolique et l’imaginaire.
Francis Scott Fitzgerald et sa femme Zelda menèrent une vie de luxe mondain de pays en pays jusqu’à ce que leur destin funeste dévoile derrière le couvercle des semblants un réel désarroi. Notamment le vacillement subjectif de Zelda, entraînera Scott, par la perte de l’objet qu’elle représente, à rejoindre l’image de son père, ruiné et sombrant dans l’alcool. N’ayant su répondre verbalement à l’intimation de sa mère (« dis quelque chose à ton père »), il a essayé d’atteindre à l’objet cause de sa mère, en s’identifiant à l’Autre paternel par une mise en acte sa vie durant.

Couples célèbres – Dalila Arpin

Coup de projecteur sur quelques duos célèbres. Que nous enseigne leur histoire ? Dépareillés ou assortis, certains couples durent. D’autres plus éphémères peuvent marquer à vie. À quoi tient le lien amoureux ? Faire couple semble parfois aller de soi. Souvent, c’est incertain, voire conflictuel. On nous promet l’amour idéal en un clic. Existerait-elle la formule du parfait accord ? Une lecture psychanalytique offre un éclairage inédit. Dalila Arpin relève, au-delà des apparences, ressorts insoupçonnés et attaches mystérieuses. Dynamiques tenaces, traces indélébiles, révélation soudaine, heureuse contingence… L’essentiel pour chaque partenaire agit à son insu. Quand chacun parle la langue de son inconscient, selon quelles logiques l’amour devient-il possible ?
Chemin faisant, ces parcours mythiques et toujours singuliers nous parlent, encore et encore, de ce qui tisse et délie les couples.

Responsable de pôle : Solenne Albert – Email : solennealbert@hotmail.fr

L’Association de la Cause freudienne a pour objet l’étude de la psychanalyse et l’insertion de la psychanalyse dans la cité. Le bureau de Nantes-Saint Nazaire propose cette année des Conférences (organisées avec la Section Clinique de Nantes), les Soirées d’étude de la psychanalyse, les Rencontres cinéma-psychanalyse.

Par ailleurs, il aide à la formation et soutient le travail des Cartels (petits groupes de travail) de l’École de la Cause freudienne, ainsi que les activités des groupes du Champ freudien : Centre Interdisciplinaire de l’ENfant CIEN et Centre d’Etude et de Recherche sur l’Enfant Dans le discours Analytique CEREDA, ainsi que le Séminaire de recherches psychanalytiques de l’École de la Cause freudienne.