Une nouvelle amie
pour un nouveau savoir, sur la féminité.

par Benoite Chénécine-nantesjanvier2015

Le débat organisé par l’ACF-VLB au cinéma Bonne Garde à Nantes et animé par Fouzia Taouzari, Eric Zuliani et Françoise Gandemer autour du dernier film de François Ozon « Une nouvelle amie » aura permis d’orienter les échanges sur la vérité de la rencontre entre Claire et David et non sur le spectaculaire du travestissement.

Une question émerge: Pourquoi Claire qui a un mari, et qui vient de perdre sa meilleure amie Laura, va-t-elle vers David le mari de celle-ci ?

Avec David, Claire rencontre la dimension du secret – le secret de son travestissement : «Sache que ma femme était au courant. Elle te disait tout, mais ça, elle l’a gardé secret. Avant de nous marier, je lui ai avoué que j’aimais, parfois, m’habiller en femme. Juste comme ça, par jeu. Pour le plaisir. Elle l’a très bien accepté. La seule chose qu’elle m’ait demandée, c’est de ne pas le faire en public….»(1)

Claire va pouvoir affronter l’inconnu que comporte toute confrontation à sa propre féminité grâce aux paroles de David: « J’adore ton rouge à lèvre il te va si bien ». L’étrangeté d’une rencontre ici se nomme, c’est Virginia. C’est sous ce nom féminin qu’elle enregistre sur son portable le numéro de David.

Le lien entre ces deux partenaires est fragile Claire le dit quand elle veut tout arrêter « c’est de la folie », « ça ne peut pas continuer comme ça » mais ce qui lui échappe est devenu précieux: « Virginia me manque ».

Au moment où David prend le risque de sortir en plein jour en Virginia, il se retrouve dans le coma après un accident de la route. Dans leur ultime échange, David avait rétorqué au, « tu es folle » de Claire un, « je suis femme ». Seule au chevet de David, elle prendra la décision d’habiller celui-ci en Virginia.

C’est donc ce débat du 30 janvier 2015, au cinéma Bonne garde pour ce premier « cinéma avec Lacan », qui m’aura permis de voir en « Une nouvelle amie », l’histoire d’un savoir nouveau sur la féminité. La rencontre peut continuer à s’écrire entre Claire et David grâce à la particularité de ce lien devant lequel ils ne reculent pas.

(1) Dialogue du film « Une nouvelle amie »