Femmes sous transfert selon Lacan

Fouzia Taouzari

 

L’amour dans la psychanalyse, c’est le transfert[1]. Freud a découvert le transfert avec Anna O. C’est d’abord avec la technique de l’hypnose que Freud va tenter de soigner l’hystérie, pensant trouver la clé des symptômes, par la remémoration de souvenirs enfouis. Le refus d’Anna O d’être sous hypnose et le désir de dire et d’être entendue, amènent Freud à laisser tomber l’hypnose au profit de la Talking-cure. C’est ainsi que naît la psychanalyse : par le désir farouche d’une femme d’être entendue et de dire. La psychanalyse prend racine en terre féminine et par la soumission de Freud à cette volonté implacable à laquelle il consent. Que va découvrir Freud à partir de là ? Il découvre combien l’analyste fait partie du dispositif dont il est le socle par la voie du transfert. Il a découvert les ressorts de l’amour et ses effets dans le transfert qui se noue entre le patient et l’analyste. En ceci que parler fait naître l’amour. Le maniement du transfert va se régler sur un principe qu’il est « dans l’analyse, une résistance. »[2]Dans son texte, « Intervention sur le transfert »[3], Lacan fait valoir combien le transfert de Freud à l’égard de sa patiente Dora a fait obstacle à la poursuite de la cure. L’impasse de Freud dans l’analyse de Dora est nourrie des préjugés de l’analyste seul responsable de l’arrêt de la cure. Lacan va montrer en quoi l’impasse de Freud reconnue par Freud lui-même – celle du patriarcat avec sa prévalence accordée au mâle – quant à la féminité, ne lui permet pas de percevoir l’élément féminin incarné par Mme K comme pivot de la cure de Dora. C’est avec le concept de l’Autrefemme, de la psychanalyse pensée au-delà de l’Œdipe, que Lacan va apporter un éclairage inédit du transfert dans la clinique des névroses et spécialement dans la clinique de l’hystérie féminine.

À travers ce détour par Freud, nous verrons combien l’apport de Lacan quant à la féminité, permet d’éclairer l’impasse actuelle d’une revendication égalitaire hommes / femmes où se fourvoie le devenir femme du côté de l’avoir et non du côté de l’être.

Une conférence centrée sur l’amour, le transfert et les femmes en psychanalyse.

 

[1]MILLER J.-A., Les labyrinthes de l’amour, La lettre Mensuelle, N°109, Mai 1992.

[2]FREUD S., La dynamique du transfert, (1912), La technique psychanalytique, Paris, PUF, 1953, p.53.

[3]LACAN J., Intervention sur le transfert, (1951), Écrits, Paris, Seuil, 1966, p.215-226.

 

Samedi 4 mai 2019 à 15h, Clinique du Val Josselin, 22120 Yffiniac

10 euros /8 euros (étudiants, demandeurs d’emploi)

Renseignements : Marjolaine Mollé: acf.saintbrieuc@gmail.com