L’identification dans tous ses états – Damien Guyonnet – Orléans 17 septembre

Tout d’abord un constat : les conséquences pour le sujet de l’inexistence de l’Autre sont au moins de deux ordres (profondément liés) : épreuve accentuée du manque-à-être, surinvestissement des objets plus-de-jouir (qui ne font que creuser le manque à jouir). Autrement dit, le vide structural au fondement du sujet (barré) – ce que Lacan nommait joliment « l’horizon déshabité de l’être » – apparaît aujourd’hui à ciel ouvert. Et le sujet moderne de se demander désespérément : qui suis-je ? Dès lors, faute de signifiants suffisamment consistants pour le capturer, l’identifier, le représenter, à quelles autres dimensions à-t-il recours pour pallier ce manque d’identité ? À la dimension imaginaire (le moi) ? Inévitablement… Au registre fantasmatique (l’objet) ? Certainement, nous l’avons dit ! Mais n’existe-t-il pas, comme assise pour cette identité, une modalité de jouissance autre que celle du fantasme ? Une modalité plus fixe, plus solide, plus durable, plus maniable et plus singulière ? C’est ce qu’il faudra démontrer.