La question diagnostique en psychanalyse

Séminaire Clinique de Touraine avec Jean-Daniel Matet

N’est-ce pas une porte ouverte sur une fausse fenêtre ? Le diagnostic appartient aux constructions médicales, repérage de signes dont le regroupement fait syndrome, tableau, maladie. Que les signes soient aruspices, lus dans les astres, ou dans l’anatomie, nul n’exige une implication du médecin dans ce qu’il observe. Freud a arraché la clinique psychanalytique à la clinique médicale, certes en nommant l’hystérie, la phobie, l’obsession, ce qu’il fit en français dans la Revue neurologique, mais c’est surtout en acceptant d’apercevoir la part que prend l’observateur dans l’expérience que se pose la question du diagnostic en psychanalyse. Cette part, il a appelé cela le transfert et la question que nous posons aujourd’hui est inconcevable en dehors de cette relation qui engage celui qui se plaint et celui qui l’écoute. L’appui sur la parole et le langage n’a pas détourné Lacan de cet intérêt pour la clinique qui devient alors structurale. L’Œdipe ne suffit pas plus que le phallus, car toutes les structures en reçoivent les effets, mais le Nom-du-Père ou sa forclusion sont déjà des marques déterminantes qui fixaient des indications. Pas de standard pour autant qui déboucherait vers des cures-types ou leurs variantes. La pluralisation des Noms-du-père n’arrange rien et bien que la clinique soit encore celle qui se recueille « au lit du malade » comme le dit Lacan à l’ouverture de la Section clinique, le diagnostic perd sans doute de son importance, au moins dans sa référence à la structure. C’est le détail qui prend le pas sur l’ensemble, c’est le lien au partenaire, symptôme ou pas, c’est la manière dont le sujet se soutient de son ego, de son symptôme, de l’Œdipe même.Dès lors c’est l’orientation qui va guider la direction de la cure, une orientation prise de l’articulation du symptôme au fantasme, du soutien que tel sujet trouve dans son bricolage. La difficulté est que le transfert, surtout quand il est massif, rend plus difficile la lecture diagnostique. Il brouille les fils de la compréhension et ne nous donne plus comme ressource que de se laisser entrainer jusqu’au sinthome au fil de cette élaboration. Ni homme ni femme ne suffisent à se repérer, comme l’hystérique qui fait l’homme n’est pas toujours une femme, pas plus que l’obsessionnelle qui s’égare en position féminine dans une pantomime mortelle. Les quanteurs de la sexuation n’y suffisent pas toujours. Nous essaierons toutefois de nous y retrouver !

Jean-Daniel Matet est psychanalyste et psychiatre, membre de l’Ecole de la Cause freudienne et de l’Association Mondiale de psychanalyse.

Hélène Girard, membre de l’ACF VLB, présentera une vignette pratique, elle est psychologue en CMPP.

Infos pratiques :

Université François Rabelais, site des Tanneurs, amphi 2 , Samedi 10 novembre 2018- 14h30 à 17h30. Renseignements:  Hélène Girard-06 71 89 76 81- acf.vlb.tours@gmail.com– page Facebook Association Cause Freudienne Tours. 10 euros-étudiants: 5 euros.