Le Champ Freudien NRC groupe « Petit Jean »

à Auray – Cycle 2016-2017

Amour, sexuel et sexuation :

enseignements cliniques de la jeunesse contemporaine.

On ne conteste plus guère aujourd’hui l’existence d’une sexualité infantile. L’œil avisé de Freud en a permis la découverte, son génie, la démonstration. Pour l’inventeur de la psychanalyse, le symptôme, qui campe d’abord et avant tout dans le champ des représentations  est ainsi le témoin des affres de tout parlêtre d’avec le sexe. Plus largement, Freud s’est évertué à décrire et théoriser le ressort de la psycho sexualité : la libido. Il a montré comment pour chaque petit humain, cette dernière assiège le corps et doit trouver chaque fois son principe de résolution. Rappelons ici en quelques mots comment le fait s’envisage : enracinée dans le corps, la pulsion, telle qu’il la nomme également, investit, sous le coup de l’appétence, un objet, quel qu’il soit, et réalise ainsi son but de satisfaction. N’étaient les accidents, embuches et autres embrouilles que connait nécessairement chaque parcours, l’harmonie serait totale…

Une période de la vie de l’enfant, qualifiée d’œdipienne met  tout spécialement en valeur les pulsions génitales : l’enfant masturbateur trouve dans la personne du parent le support fantasmatique à la décharge de son excitation, le tout sur fond d’affection familiale, nimbée de crainte de rétorsion. D’entrée de jeu, deux courants libidinaux viennent ainsi au jour : le tendre et le sensuel. Une « organisation génitale infantile » se cristallise concomitamment. Caractérisée par la réalisation subjective d’un symbole majeur, le phallus, cette organisation rend compte de l’attachement libidinal du sujet à ses parents, de premiers choix d’objet, de la logique foncière à l’œuvre en matière de sexualité humaine : celle de la perte et de ses symbolisations. En somme, pour Freud, l’enfant est un petit homme ou une petite femme en puissance, à ceci près que ses désirs sont d’une part réfrénés (complexe de castration), et que de l’autre, comme le rappelait Jacques-Alain Miller, la différence effective des sexes est curieusement abolie, du fait du primat phallique. L’affaire va si loin que Lacan n’hésite pas à qualifier très tôt la période de véritable « puberté psychologique ». Par certains aspects, il s’agit en effet  d’une certaine réalisation irréalisée, ce que Freud lui-même laisse entendre lorsqu’il considère que chez l’humain, la vie sexuelle doit débuter deux fois.

La tradition a conservé une acception précise du terme de puberté : littéralement, celui qui « se couvre de poils ». Médicalement, le terme consacre la possibilité de l’effectuation de la sexualité reproductive. L’anthropologue note de son côté comment chaque groupe humain entérine à sa manière la sortie de l’enfance. Retenons alors ceci, que pour le psychanalyste, la puberté signifie le second commencement. C’est à ce dernier que nous consacrerons nos études et recherches de cette année. Si Freud n’a pas manqué de s’intéresser aux métamorphoses de la puberté ainsi qu’à la psychologie du lycéen, Lacan n’a pas été en reste quant à l’examen des semblants qui organise la comédie des sexes : dans un monde de langage, les sujets ont le choix, ils font l’homme ou la femme, c’est selon. Dans la perspective de la 4ème journée de l’Institut de l’enfant, on s’attachera à l’examen des modalités de la rencontre d’avec le sexuel chez l’enfant et les jeunes gens : s’agit-il du même phénomène ? Y-t-il toujours un retour du vu et de l’entendu, tel que l’envisageait Freud ? Si le courant tendre et les manifestations affectueuses de l’enfance tendent à orienter un sujet vers un objet d’amour,  l’appréhension du corps d’un autre  comme objet de désir requiert toutefois un autre registre, celui des conditions érotiques. Comment ces dernières œuvrent-elles ? Comment s’articulent le tendre et le sensuel ? En d’autres termes, lorsque de sujets s’essaient à faire l’homme ou la femme, quelle sont alors singulièrement la  source, la nature et le devenir des amours de jeunesse ?

Comme l’an passé, les séances de travail associeront chaque fois lectures commentées de textes fondamentaux et présentations de cas cliniques. Par ailleurs, deux évènements scanderont notre année : la 4ème journée de l’Institut de l’Enfant, en mars prochain, ainsi qu’un atelier clinique ouvert au public, en présence de notre invité, Laurent Dupont, psychanalyste, membre ECF et coordonateur de la CAO du NRC, en avril 2017.

Agenda des rencontres : les samedis matins, de 9h45 à 11h45 =

2016 =Le 17/09 ; 15/10 ; 19/11 ; 10/12/2016

2017 = 14/01/2017 ;  04/02 ; 18/03 (JIE 4, Issy-les-Moulineaux), 01/04 (Atelier clinique, avec Laurent Dupont, à Vannes) ; 13/05.

Lieu : CMPP d’AURAY, 77, rue amiral Coudé

Renseignements et participation : David Oger : d.oger@wanadoo.fr

Porte parole : Marielle Le Floc’h