Si Lacan a fondé la théorie d’un sujet divisé, manquant, ce n’est pas sans la compléter de conference-aurelien-bomy-orleansl’élaboration du partenaire qu’il nécessite. Le sujet lacanien est impensable sans un partenaire. Du jeu à deux avec l’image du miroir répondant  à une prématuration, l’on sort toujours perdant. Avoir recours à l’analyse c’est superposer un couple à un autre, introduire un partenaire supplémentaire dans la partie qui se joue avec le partenaire de la vie, pour le déchiffrer, le supporter ; c’est supposer le sujet engagé dans une partie inconsciente.

« La clinique, c’est le partenaire ». Ce peut être le corps, les pensées, ce que disent les autres… Le conjoint n’est pas toujours celui qu’on croit.  Avec qui le sujet joue-t-il sa partie ?

Dans l’analyse, le partenaire c’est le réel. Jamais l’Autre, mais quelque chose du sujet lui-même : son image, son objet petit a, son plus-de-jouir et ce qui l’appareille. Il n’arrive pas à le supporter et en jouit répétitivement.

Le symptôme pour Un atteste qu’au niveau de l’espèce nul instinct ne dirige invariablement vers le partenaire ; Un savoir n’est pas inscrit dans le réel concernant la sexualité. La jouissance se présente toujours de façon contingente, traumatique, non préparée. Qu’est-ce qui peut rendre des sujets partenaires ? Entre l’impossible et le contingent, le symptôme est nécessaire. Le vrai fondement du couple, c’est le symptôme.

Par une lecture de La théorie du partenaire de Jacques-Alain Miller (1), et des exemples cliniques, nous tenterons de mettre en relief comment la psychanalyse mène vers un savoir-y-faire avec le partenaire-symptôme.

  • Revue Quarto n°77, juillet 2002.

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