Les Soirées « Lire Lacan » de Saint-Nazaire 2017-2018 – Lacan et son concept de désir

Argument

L’effort de Lacan, tout au long de son enseignement, est de structurer le désir à partir du besoin, de la demande d’amour et de la pulsion. Entre le besoin et la demande il y a un résidu qui est la particularité comme tel qu’on trouve dans le désir. Cette particularité est unique, là où le besoin est multiple. Le désir se produit dans l’au-delà de la demande. Lacan le formule ainsi : « c’est dans cette zone intermédiaire que se situe le désir, le désir de l’homme en tant qu’il est le désir de l’Autre. »1 Le point de départ que prend Lacan, c’est celui de l’être vivant en tant qu’il a des besoins, mais à la différence de l’animal, le nourrisson a besoin de la mère pour les satisfaire. Le nourrisson doit en passer par la demande où ses besoins élémentaires seront élevés par l’Autre à la dignité d’une parole adressée, comme demande d’amour. Le sujet dans son rapport à l’Autre est fondamentalement serf du langage. Le résultat de cette incidence, c’est le désir. Lacan en pose la cartographie dans son Graphe du désir. C’est pourquoi fondamentalement « le désir ne relève pas de la nature : il tient au langage. C’est un fait de culture, ou plus exactement un effet du symbolique. Lacan parle de l’ordre symbolique »2.

Lacan fait valoir que dans ce scandale de la découverte freudienne de l’inconscient c’est là que gît la structure même du désir du sujet. Le désir est inconscient et se trouve dans une impossibilité à se dire, se nommer, par la voie de la parole. Il ne se saisit que dans l’inter-dit du sujet, c’est-à-dire, dans les formations de l’inconscient : lieu où ça parle en lui. Le désir est inconscient et son objet véritable se trouve dans son fantasme fondamental. C’est pourquoi le désir est toujours scandaleux, en infraction, car le fantasme est non conforme au discours dont est le produit le sujet et qui constitue une vison du monde transmise par la famille.

Le séminaire VI se termine sur l’éloge de la perversion au sens où, précise Jacques-Alain Miller, « La perversion au sens de Lacan traduit une rébellion contre l’identification conformiste qui assure le maintien de la routine sociale. »3 Lacan a élaboré sa théorie du désir à partir de la clinique de la

perversion, en passant par l’homosexualité masculine, comme dévoilant l’ossature du désir là où dans la névrose elle est recouverte, entravée par le refoulement. Seule une analyse permet à un sujet de savoir quel est son fantasme fondamental sur lequel prend appui son désir. Une analyse nous rend fondamentalement plus désirant en ouvrant la voie à un désir de savoir. Lacan ne dit-il pas que le seul remède à l’angoisse est le désir !

Les soirées Lire Lacan vous proposent de suivre pas à pas l’élaboration de Lacan de son concept de désir. Un enseignement vivant à découvrir encore et en-corps !

Fouzia Taouzari

Responsable des Soirées Lire Lacan à Nantes

 

Programme

I – LE DÉSIR ET L’AMOUR

1 – Le désir pensé à partir de l’amour (lundi 16 octobre)

– J. Lacan, « D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose», Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 541-556.

2 – Le désir distingué de l’amour (lundi 13 novembre)

– J. Lacan, « La direction de la cure et les principes de son pouvoir », Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 627-630.

II – LE DÉSIR ET LA JOUISSANCE

3 – Désir et jouissance mêlés (lundi 11 décembre)

– J. Lacan, « Jeunesse de Gide ou la lettre et le désir», Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 739-764.

4 – Le désir opposé à la jouissance (lundi 15 janvier)

– J. Lacan, Le Séminaire, livre XX, Encore, Leçon I, Paris, Seuil, 1975, p. 9-18.

III – LE DÉSIR ET L’OBJET

5 – L’objet visé par le désir (lundi 12 février)

– J. Lacan, Le Séminaire, livre VIII, Le transfert, Leçon X, Paris, Seuil, 1991, p. 167-182.

6 – L’objet cause du désir (lundi 19 mars)

– J. Lacan, Le Séminaire, livre X, L’angoisse, Leçon VIII, Paris, Seuil, 2004, p. 119-133.

7 – L’objet véritable du désir (lundi 16 avril)

– J. Lacan, Le Séminaire, livre VI, Le désir et son interprétation, Leçon XX, Paris, La Martinière, 2013, p. 423-442.

IV – LE DÉSIR ET LA PULSION

8 – Lacan a élaboré sa théorie du désir à partir de la perversion (lundi 14 mai)

– J. Lacan, Le Séminaire, livre VI, Le désir et son interprétation, Leçon XXVI, Paris, La Martinière, 2013, p. 545-551.

9 – L’homosexualité masculine dévoile l’ossature du désir (lundi 11 juin)

– J. Lacan, Le Séminaire, livre VIII, Le transfert, Leçon XI, Paris, Seuil, 1991, p. 183-199.

 

Renseignements Vincent Lestien, vincent.lestien@free.fr (0608433905) Christine Rochefort, c.rochefort@free.fr (0666117239)

Toutes les soirées se tiendront à 20h30 à l’Agora, 2 bis avenue Albert de Mun, 44600 Saint-Nazaire.

Porte parole : Rémi Lestien. Email :  r.lestien@wanadoo.fr

L’Association de la Cause freudienne a pour objet l’étude de la psychanalyse et l’insertion de la psychanalyse dans la cité. Le bureau de Nantes-Saint Nazaire propose cette année des Conférences (organisées avec la Section Clinique de Nantes), les Soirées d’étude de la psychanalyse, les Rencontres cinéma-psychanalyse.

Par ailleurs, il aide à la formation et soutient le travail des Cartels (petits groupes de travail) de l’École de la Cause freudienne, ainsi que les activités des groupes du Champ freudien : Centre Interdisciplinaire de l’ENfant CIEN et Centre d’Etude et de Recherche sur l’Enfant Dans le discours Analytique CEREDA, ainsi que le Séminaire de recherches psychanalytiques de l’École de la Cause freudienne.