L’institution, une pratique inventive

Ce thème est proposé afin de susciter un débat avec les praticiens qui travaillent dans des institutions (qu’il s’agisse de l’école, des foyers de l’enfance, des MECS, des ITEPS, des CMPP ou encore de l’hôpital) et qui, malgré les difficultés, ont décidé de « prendre le taureau par les cornes » en prenant à bras le corps cet « impossible à supporter » que s’avère être ce que le Dr Lacan a appelé « le réel ».

Le réel, dont il est ici question, renvoie aux diverses contingences qui marquent la vie quotidienne des enfants et adultes en difficultés, et qui échappent, pour certains, disons-le d’un trait, à la « structure du langage » et rompent ainsi les liens de paroles avec les autres.

Les difficultés auxquelles ils se heurtent, quand ils exercent leur activité dans une institution, conduisent les praticiens à s’éloigner quelque peu du cadre défini par les dispositifs institutionnels et les protocoles de soins. L’expérience montre, en effet, que ce cadre crée, de plus en plus souvent, un malaise indéfinissable contre lequel les praticiens, à l’occasion, se rebellent.

Or, puisque les événements qui se produisent dans la vie d’un sujet sont effectivement « réels », ils découvrent que la seule réponse à apporter à ce malaise est d’inventer au coup par coup, et cela, malgré l’inévitable choc, dans l’instant même de son surgissement, contre le mur de l’impossible.

Inventer ? Oui, ainsi la flamme de leur passion pour le savoir, qui ne va pas sans une attention portée au détail, ne s’éteint-elle pas !

Ce qui passionne, en fait, le praticien vient de l’élan qui lui est donné par ce « mouvement » qui tend vers la trouvaille, c’est-à-dire vers le « produit », toujours surprenant et inattendu, de l’invention ! Telle est l’hypothèse qui est faite à propos de ce qu’est « le désir du praticien ».

Il n’y a pas, en effet, une psychanalyse qui serait « pure » – la pratique en cabinet – et une psychanalyse qui, elle, serait « impure » – la pratique en institution.

Ces deux types de pratique de la psychanalyse convergent vers un point vif : « la voie du symptôme ». Mais, alors, qu’est-ce qu’implique le fait même de choisir cette voie ?

Il n’est possible de répondre à cette question qu’à l’aide de séquences d’une « clinique du symptôme » ou, s’il est possible d’en obtenir, de « témoignages » – Pierre Naveau

Infos pratiques :

29 septembre 14h-18h, université François Rabelais à Tours, 10/15 euros acf.vlb.tours@gmail.com

Hélène Girard : 06 71 89 76 81