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Indice 10 / lundi 25 avril /  Marielle Le Floc’h ( Vannes)

C’est un rêve qui a pris les commandes de l’écriture de ce texte.

Je participe à un défilé de mode présentant le dernier modèle d’une robe printanière au dos nu. Au moment de l’essayage, une tache recouvre mon dos rendant impossible le voile du maquillage. Impossible de se défiler, une marque, indélébile, se détache.

« De notre position de sujet, nous sommes toujours responsables » dit Lacan. (1)

(1) Lacan J., « La science et la vérité », Ecrits, Ed. Du Seuil, Paris, 1966, p.858

Indice 11 / mercredi 27 avril/ Isabelle Chevrier (Orléans).

Etre lacanien aujourd’hui, c’est savoir faire accueil à l’incongru. C’est, pendant les séances, accepter de parler anglais avec un adolescent sourd qui apprend la langue via une série américaine, c’est inventer de nouveaux signes en LSF (langue des signes française) pour cette série, et apprendre ensemble une langue commune. Etre lacanien, c’est encourager le sujet à trouver son chemin propre, pour préserver sa singularité.

Indice 12 / vendredi 29 avril / Marie-Christine Ségalen ( Saint Malo)

« S’analyser suppose de se déprendre de ses images pour atteindre au dissemblable, ce que Lacan a pu appeler une fois la différence absolue. »
Etre lacanien aujourd’hui résonne, pour ma part, avec cette possibilité, et cette aspiration à atteindre ce point de dissemblance . Ne pas céder sur son désir… de dire et de « se déprendre de ses images ».

Miller J.-A., « L’orientation lacanienne. Vie de Lacan « , enseignement prononcé dans le cadre du Département de Psychanalyse de l’université Paris VIII, leçon du 3 février 2010, inédit.

Indice 13 / lundi 02 mai / Gérard Wajcman (Paris)

 » S’il y a un enjeu pour le psychanalyste, c’est d’être à la hauteur du temps qu’il vit. » Lacan disait cela en 1953. Il y aurait de quoi s’étonner que tel soit l’enjeu fixé au psychanalyste par un psychanalyste — et de la date. J’ai découvert cette phrase il y a seulement quelques années, c’est pourtant ce qui m’a conduit au lacanisme, parce que j’ai trouvé que c’était le seul discours « à la hauteur ». J’ai le sentiment que les lacaniens n’ont pas cessé depuis de relever cet enjeu, et que les temps nous y appellent chaque jour un peu plus. Je n’en vois en tout cas pas de plus haut aujourd’hui, pour aujourd’hui. Quoi qu’il en soit, pour mon compte, j’ai mis l’an dernier cette phrase de Lacan en fond d’écran de mon ordinateur.

 Indice 14 / mercredi 04 mai / Déborah Allio (Lorient)

Être lacanien aujourd’hui consiste à assumer un choix politique sous-tendu par une position éthique : ne pas céder sur son désir, croire radicalement au symptôme, être réaliste à l’égard du mode de jouir contemporain.
Ceci a des conséquences dans la pratique : accueillir les modes de jouissance et saisir l’usage singulier que le sujet en fait.

Indice 15 / vendredi 06 mai / Marie-Odile Nicolas (Nantes)

Être lacanienne, pour moi, c’est continuer – malgré l’arrêt de mon activité principale – à soutenir le discours analytique dans des lieux où ça ne va plus de soi, auprès d’étudiants en kinésithérapie et en CHS.

Le choix en est politique. Porter encore cette goutte d’eau pétillante et volcanique, si petite qu’elle soit.

Chacun le sait bien, des gouttes d’eau forment des océans.

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