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Des témoins décidés, avec Christophe Balguerie (Nantes), Hélène Girard (Tours), Claude Oger (Rennes)

Indice 26 / lundi 16 mai / Christophe Balguerie (Nantes)

Je suis devenu lacanien à 20 ans (par hasard) en entendant résonner le désir de Lacan dans Télévision ; à 30 ans (par chance) en frappant à la porte d’un analyste lacanien qui a su, dans un moment capital, accueillir ma demande sans y répondre ; à 45 ans (par devoir), à l’Université, en me plongeant dans le Séminaire III, Les Psychoses, lecture décisive sur le choix de mon orientation pour une clinique différentielle qui distingue la structure de la phénoménologie ; à 55 ans (par désir) en inscrivant mon transfert pour la psychanalyse dans le fil de la journée Question d’École, Problèmes cruciaux du contrôle et de la passe.

Indice 27 / lundi 16 mai / Hélène Girard (Tours)

«Ne pas céder sur son désir.»(1) Cette formule de Lacan résonne dans mon expérience analytique et dans ma pratique telle une boussole, qui en appelle d’autres : Ne lâcher sur rien, ne pas reculer, tenir le cap…

Être lacanien passe, à mon sens, par le fait de ne pas céder sur l’expérience d’une analyse, qui est aussi celle du réel dans la cure. Expérience souvent longue et parfois douloureuse mais qui ouvre une nouvelle voie vers le désir. Il n’y a rien de plus vivant et de plus gai.

(1)J. Lacan, Le Séminaire, Livre VII, L’éthique de la psychanalyse, Paris, Le Seuil, 1986, p. 368.

Indice 28 / lundi 16 mai / Claude Oger (Rennes)

La parole « va vers l’Autre. Elle dit. Elle explique. Elle raconte. Elle se fait reconnaître. Elle va vers le sens. Elle peut aller vers le non-sens, mais c’est tout à fait autre chose que de dire.

Il y a une jouissance du blablabla. » Cela ne va vers l’Autre (…) que parce que la finalité est de produire petit a, du plus-de-jouir. »

J.-A. Miller, «L’orientation lacanienne. Le partenaire-symptôme », enseignement prononcé dans le cadre du Département de Psychanalyse de l’Université de Paris VIII, leçon du 26 novembre 1997, inédit.

A l’écoute d’un témoin majeur, Jacques-Alain Miller,
avec Solenne Benbelkacem Leblanc (Nantes), Alice Delarue (Rennes), Gérard Seyeux (Angers)

Indice 29 / mardi 17 mai / Solenne Benbelkacem Leblanc (Nantes)

C’est en 2011 que je suis devenue lacanienne – année où Jacques-Alain Miller a refusé de se faire « enterrer vivant ». 2011, c’est la 1ère Journée de l’Institut de l’Enfant où son discours m’a beaucoup émue. 2011 c’est aussi l’année de sa venue à Nantes au Lieu Unique pour donner un coup de pied dans « la nasse de silence » qui l’entourait. 2011, c’est enfin l’année où il se fait entendre, sur France culture dans une série d’émissions, A voix nue.
He’s alive ! Alive ! Et vivante, la psychanalyse lacanienne.

Indice 30 / mardi 17 mai /  Alice Delarue (Rennes)

« En fin de compte, chacun est responsable de sa façon d’être lacanien. […] Les gens imaginent le lacanisme qui leur convient […]. Celui que j’ai répandu dans le monde comportait […] d’avoir une certaine doctrine de l’École. Ainsi, la permutation. Il n’y a jamais eu de permutation dans l’École de Lacan. Mais je m’y suis pris de telle façon que, dans les Écoles lacaniennes que j’ai pu fonder, c’est devenu la règle. Et tout le monde considère que ça vient de Lacan. Et c’est vrai, c’est lacanien – même si ça n’a jamais été pratiqué du vivant de Lacan. »
« Le démon de Lacan », entretien avec Jacques-Alain Miller, Le diable probablement, n° 9, 2001, p. 155.

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