Rencontre « théâtre et psychanalyse »

Autour du corps parlant 

Au CDDB de Lorient

Attention changement de Date:

Le jeudi 24 novembre 2016 à 20h

 

Entrée Libre

 

Séverine Chavrier met en scène Les Palmiers Sauvages, roman de William Faulkner, qui décrit la passion brutale de deux êtres en rupture de ban dont l’amour se transforme en une descente aux enfers ? L’amante « aux yeux jaunes » qui « porte de vrais pantalons d’homme » se présente comme une artiste et s’engage dans un dévouement total à l’amour. Sa passion est sans retour. Lui, écrit des romans pornographiques commerciaux et rêve silencieusement de retrouver sa vie asexuée d’avant leur rencontre.  Pour Séverine Chavrier, « Faulkner met en question l’amour absolu. Est-ce qu’à force d’aimer l’amour on ne finit pas par oublier d’aimer l’autre ? Est-ce qu’une passion vécue comme une œuvre d’art n’est pas une entreprise solitaire, vouée à l’échec ? »

Avec la pièce de Marguerite Duras, Les Yeux bleus, cheveux noirs, que Léna Paugam met en scène sous le titre « Et, dans le regard, la tristesse d’un paysage de nuit », c’est au contraire de la solitude et de l’impossible des corps ensemble que naît le lien d’amour. La révolution chez Duras commence dans les chambres quand les êtres arrivés au désespoir font cohabiter leurs corps et rendent à nouveau possible la naissance du désir. Lui est obsédé par l’image d’un jeune individu, et paie une femme parce qu’elle lui rappelle l’être aimé, mais est incapable de la désirer parce qu’elle est femme et que son corps n’est pas inerte et qu’il parle un langage de femme. Léna Paugam s’interroge avec Duras, de savoir s’il faut tout avoir perdu, perdre connaissance, pour recouvrer la possibilité d’aimer ?

Ces deux femmes metteuses-en-scène s’intéressent à un théâtre qui met au premier plan le corps de l’acteur, où tout fait matière, la voix, les corps, la musique, la vidéo… mais pas sans les mots, ceux de deux grands auteurs, explorateurs sans relâche des questions de l’amour et du désir.

La psychanalyse enseigne que le corps, d’être dénaturé de sa rencontre avec le langage, ne permet pas de faire rapport à l’autre, sans en passer par les mots. C’est un corps traversé de langage, un corps parlé et parlant, mais aussi un corps vivant qui crie, éructe, susurre, tombe, jouit… Alors qu’est-ce que le désir ? Que rencontre-t-on de l’autre dans l’amour ? Qu’est-ce que le corps pour la psychanalyse ? La rencontre avec ces deux femmes de théâtre sera l’occasion de débattre de ces questions et d’entendre ce que le théâtre peut nous en dire.

Porte parole : Marielle Le Floc’h