063016_0552_Symptomaten1« Amis, respondit Pantagruel, à tous les doubtes et quæstions par vous propousées compete une seule solution, et à tous telz symptomates et accidens une seule medecine. La response vous sera promptement expousée, non par longs ambages et discours de parolles : l’estomach affamé n’a poinct d’aureilles, il n’oyt goutte. Par signes, gestes et effectz, serez satisfaicts et aurez resolution à vostre contentement » Rabelais F., Le Quart Livre, Chapitre LXII, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, Paris, Gallimard, 1994, p. 689.

Pour ce troisième numéro du Symptomate, Catherine Thimeur, psychologue clinicienne, membre de l’ACF-VLB, nous dit comment la lecture de Rabelais est vivante et vivifiante.

Le 24 septembre prochain, le colloque du bureau de Tours de l’ACF-VLB propose de nous introduire à l’œuvre connue et méconnue de François Rabelais et nous incite à y prendre part et plaisir en dégustant une écriture éclatante de mots pleins de la chair du vivant, gay savoir car « mieux est de ris que de larmes escripre ».

On peut choisir des guides comme le livre de Michel Beaujour qui lui est consacré Le jeu de Rabelais, se nantir aussi de l’ouvrage éclairé de Mikhail Bakhtine, L’œuvre de François Rabelais et la culture populaire au Moyen-Âge et sous la Renaissance.

Chacun pourra piocher dans la densité rabelaisienne le travail jouissif et émancipateur sur la langue et les langues, les jeux de mots, néologismes et insultes iconoclastes ou sobriquets : « tirelupin » et autre « vray croque lardon ». Ou faire résonner l’écho de son exergue « amis lecteurs qui ce livre lisez, dépouillez vous de toute affection » avec le « dénué de parti pris » de Freud dans Malaise dans la civilisation.

N’est-ce pas un fondement de l’accueil psychanalytique qui marque la cure lacanienne : pas de savoir préalable à celui que délivrera chaque sujet à notre lecture !

S’intéresser aussi, pourquoi pas, à la subversion du chiffre agitée par Rabelais. Le chiffre sacré et symbolique – voire normatif – d’une pensée collective religieuse et pythagoricienne est subverti, ou bien plutôt « profané » joyeusement par lui, comme ces « deux cent soixante mille quatre cent dix huit personnes » noyées dans l’urine de Gangantua. Peut-être bien à lire avec l’élaboration de Lacan sur le chiffre treize qui dédie « cet apologue à ceux pour qui la synthèse du particulier et de l’universel a un sens politique concret » : on peut déceler chez Rabelais une politique de l’écriture et aussi une écriture politique dans l’époque.

On pourra s’amuser de la fête du Banquet platonicien réinventé, « colorisé », du carnaval permanent, de l’invasion du Réel dans l’invention linguistique et dans les scènes crues ou cruelles, toujours drôles comme l’ingestion par Gargantua de six pèlerins… en salade… Une belle conférence de Carlo Ossola à consulter sur le site du collège de France l’éclaire joliment : retrouvez le ici

Alors à vos tablettes et autres liseuses pour une rencontre singulière et joyeuse avec ce courageux iconoclaste qui pète joyeusement au visage de la scolastique et du ready made oppressif de son époque !

Rabelais : celui qui voulut libérer les mots, les chiffres, et les âmes attristées par les passions tristes autant que par la foi naïve et la crainte du monde.

La psychanalyse à la lumière du gai savoir de Rabelais

Les jouissances du corps et la parole

Samedi 24 septembre 2016 – 14h30

Université des Deux lions – Tours

Argument et renseignements complémentaires en pièces jointes

Retrouvez tous les numéros du Symptomate en cliquant ici

Renseignements et inscription : acf.vlb.tours@gmail.com

Notre page Facebook

Demandez Le Symptomate ! Journal ligéro-breton et sa devise :

 « Mieulx est de ris que de larmes escripre, pource que rire est le propre de l’homme »