063016_0552_Symptomaten1« Amis, respondit Pantagruel, à tous les doubtes et quæstions par vous propousées compete une seule solution, et à tous telz symptomates et accidens une seule medecine. La response vous sera promptement expousée, non par longs ambages et discours de parolles : l’estomach affamé n’a poinct d’aureilles, il n’oyt goutte. Par signes, gestes et effectz, serez satisfaicts et aurez resolution à vostre contentement » Rabelais F., Le Quart Livre, Chapitre LXII, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, Paris, Gallimard, 1994, p. 689.

Cette fois, c’est Armelle Guivarch, psychiatre, psychanalyste, qui nous dit comment il peut être délicat d’entrer dans la langue de Rabelais.

Lire Rabelais.

« Eh bien, écris ça, ta difficulté à lire Rabelais ! ». (Re)lire Rabelais, ce colloque est l’occasion. Ce soir, j’entame « Pantagruel », page de droite, vieux français, de gauche, explication de texte. Mais j’en perds mon latin. À tous les mots je bute, zut ! Pourtant cette langue me parle, comme un trésor archéologique, venu de longtemps. J’aurais dû commencer par le père, Gargantua. Page de droite, français contemporain, de gauche, la langue de Rabelais.

Oui, il faut commencer par le père…
de Gargantua, le prologue rabelaisien pour comprendre. Comme le Socrate-Silène d’Alcibiade, nous dit-il, il faut ouvrir la boîte, « rompre l’os et sucer la substantifique moelle »1, certes rire des truculences et pitreries des géants, puis entre les dits, lire la féroce charge contre le politique et le religieux.

Qui aujourd’hui ose ainsi écrire défiant censeurs et bien pensants, risquant le bucher de l’inquisition ? Les journalistes de Charlie hebdo, me répond-t-on. Peut-être.

Allons, paltoquets, tirelupins, vits d’âne, maroufles, lisons, lisons « gaiement la suite pour le plaisir du corps et la santé des reins »2.

Rabelais F., Gargantua, Paris, Seuil, 2003, p. 51.

2
Ibid. p. 53.

La psychanalyse à la lumière du gai savoir de Rabelais

Les jouissances du corps et la parole

Samedi 24 septembre 2016 – 14h30

Université des Deux lions – Tours

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