Alliances chéries

…Ou pas !

Vers les J48 de l’ECF « Gai, gai, marions-nous! » Avec Sarah Camous-Marquis, Isabelle Guillermic-Goebels, Quentin Meynaud, Claire Zebrowski, (Plus-un Dalila Arpin) le mercredi 30 mai 2018, RENNES – 21h à la Maison des associations.

« L’instinct sexuel, si ça existait dans l’espèce humaine, c’est simple, il n’y aurait pas la psychanalyse parce qu’on n’aurait pas à se poser de questions. […] il y aurait une force aveugle, une force muette qui vous dirigerait et qui vous conduirait vers le partenaire qu’il vous faut […]. Alors sans doute, ce serait l’idéal. »[1]

Cet idéal, les sujets s’évertuent à y croire. Alors, à l’occasion ils se marient avec d’autres sujets, construisent des alliances avec des petits morceaux de leurre.

Nous envisagerons, lors de cette soirée, à travers quatre interventions, comment un symptôme peut faire partenaire pour un sujet, dans une alliance qui le fait souffrir ou parfois le ravit, voire l’oriente.

Au-tour de l’anorexie : symptômes et partenaires dans la psychose

S’il n’y a « pas d’homme, au sens générique, sans symptôme »[2], nous tenterons d’attraper quelques fils pour lire les spécificités du symptôme dans le cas d’Emilie, jeune fille de onze ans. L’anorexie est-elle un symptôme partenaire pour elle ? En interrogeant à quoi lui sert – voire lui serre – l’anorexie, nous ferons ensemble quelques tours. Des symptômes aux partenaires, nous verrons de quelles alliances il aura été question.

Sarah Camous-Marquis

La sublimation, un savoir-y-faire avec le symptôme

Dans son dernier enseignement, Lacan nous invite à nous faire partenaire de notre symptôme. Il s’agit moins ici d’en déchiffrer un sens caché, mais de construire, de s’inventer, un « savoir-y-faire » avec sa jouissance. Sur cette voie, la sublimation devient, au-delà du seul champ artistique, l’escabeau qui permet à certains sujets de se hisser pour se faire beaux, pour s’élever eux-mêmes à la dignité de la Chose[3]. De quelle façon la sublimation conduit-elle alors à une alliance singulière d’un sujet avec son symptôme ?

Quentin Meynaud

Le symptôme partenaire en fin d’analyse

Parler sur un divan ne fait pas exception à la répétition symptomatique, qui fait souffrir mais dont le sujet jouit aussi. Néanmoins, lorsqu’après avoir fait plusieurs fois le tour du réel, l’analysant cerne la morsure qu’a produite le langage sur son corps, alors, quelque chose cesse de se répéter à l’identique. C’est l’invention sinthomatique dont témoignent les Analystes de l’Ecole. Ou pour le dire autrement, c’est une nouvelle alliance du sujet avec son inconscient.

Claire Zebrowski

Alliances rebelles d’un exilé

Ecriveur anti-conformiste, André Gorz encadre ses publications philosophiques de deux écrits singuliers dans lesquels il témoigne de ses alliances à l’écriture et à Dorine, la femme à qui il s’est lié pendant cinquante ans. Avec elle, longtemps tout occupé à se faire in-exister, il rencontrera à l’aube de sa vie un nouvel amour, réinterprétant sa rencontre, sa vie et ses engagements. La lettre qu’il en écrit sonne comme un serment renouvelé par lequel les limites du mariage se trouvent subverties.

Isabelle Guillermic-Goebels

ff

[1] Miller J-A., « L’invention du partenaire », 14ème épisode de la série Histoire de… psychanalyse, diffusé sur France Culture le 16/06/2005 ; le texte a été publié sur le site de l’Ecole de la Cause freudienne : www.causefreudienne.net/linvention-du-partenaire/

[2] Miller J-A., « La théorie du partenaire », Les effets de la sexuation dans le monde, Quarto n°77, juillet 2002, p.14

[3] Pour reprendre l’expression de J-A. Miller in « Le Corps parlant », Sur l’inconscient au XXIème siècle, Silicet, septembre 2015, pp. 28-30.