XIIème Conversation du TyA-Rennes :

« Comment accrocher les ados addicts ? »

Dans le fil de la conversation de l’an passé, nous poursuivons cette année notre réflexion sur les adolescents de notre époque.

Dans un article intitulé « Ados nés sous une belle toile »[1], l’auteure constate que « dans les sociétés industrialisées, les moins de 18 ans embrassent avec toujours plus d’aisance les nouvelles technologies, mettant chaque jour un peu plus à l’amende leurs chers parents ». Elle ajoute : « Les nouveaux outils de communication qui s’offrent aux adolescents sont particulièrement adaptés aux bouleversements vécus à cette période où l’on se défait des liens familiaux (…). Cependant, souligne-t-elle, « on mutualise moins par altruisme que pour constituer et intégrer un groupe ».

Dans une société marquée par des symptômes à l’ampleur jusqu’ici inégalée – addictions, boulimie anorexie, décrochage scolaire, errance, violence, conduites suicidaires – qui se déploient, comme le souligne Jacques-Alain Miller, sur fond de « déracinement »[2] généralisé, facteur de « recomposition communautaire », l’aisance des moins de 18 ans avec les nouvelles technologies est moins le signe d’une adéquation aux bouleversements de l’adolescence, comme le souligne notre auteure, que celui d’une profonde mutation dans le rapport au savoir et à sa transmission. Mutation, souvent ravageante, qui dispense d’en passer par l’Autre : les parents, l’enseignant, l’adulte.

« Le savoir est dans la poche » comme ces nouvelles technologies à ranger dans la catégorie des objets/gadgets que Lacan appelait lathouses[3]. Dès lors comment penser la rencontre avec ces adolescents aux prises avec les questions existentielles propres à cet âge et qui se tournent vers les nouvelles technologies, produits d’une société de consommation généralisée et débridée pour accéder à des réponses toujours plus vaines et trompeuses.

C’est donc logiquement que la question du transfert s’est dégagée comme thème pour notre après-midi d’étude : le transfert, ce concept fondamental de la psychanalyse, structure le mode de présence du praticien et les interventions qui rendent la rencontre possible et fructueuse.

L’intervention de Jacques-Alain Miller sur la question d’un lieu analytique possible en institution guidera le travail de cette XIIe conversation à Rennes : « Il y a un lieu analytique possible en institution, disons un Lieu Alpha. Un lieu Alpha n’est pas un lieu d’écoute (…). Un lieu Alpha est un lieu de réponse, un lieu où le bavardage prend la tournure de la question, et la question elle-même la tournure de la réponse. Il n’y a Lieu Alpha qu’à la condition que, par l’opération de l’analyste, le bavardage se révèle contenir un trésor (…). Cette mutation du bavardage tient à ce que nous appelons le transfert (…) »[4].

Comment accueillir ces adolescents hyperconnectés, comment faire pour qu’ils renouent un lien avec un Autre « authentique » qui puisse entendre leurs malaises, leurs questions, un Autre qui puisse soutenir leurs solutions ou inventions, fussent-elles symptomatiques ? C’est à partir des situations cliniques exposées par nos collègues et de la conversation avec Sonia Chiriaco, psychanalyste, Membre de l’École de la Cause freudienne, que nous élaborerons ensemble des pistes de réflexion et d’action.

[1] M. Ottavi, Libération Next, 7 février 2015.

[2] J.-A. Miller, « La théorie du partenaire », Quarto n° 77, juillet 2002, p. 30.

[3] Les lathouses sont des objets qui tiennent à la fois du gadget et de l’objet pulsionnel, qui sont des miroirs aux alouettes, fausses promesses de jouissance et « plus de jouir en toc » comme dit Lacan p. 93 du Séminaire Livre XVII l’envers de la psychanalyse, Paris, Le Seuil, 1991.

[4] J.-A. Miller, « Vers PIPOL 4 », Mental n° 20, février 2008.

Le vendredi 5 mai 2017 de 14h à 17h

à la faculté de médecine de Rennes, 2 avenue du Pr Léon Bernard (amphithéâtre Marcel Simon)

Tarif : 15 euros – Tarif réduit : 10 euros

Renseignements : Géraldine Somaggio

06 83 22 66 99 / geraldine.somaggio@numericable.fr

Inscriptions à envoyer par courrier à Cécile Rivoallan – La Messandais – 35470 Bain de Bretagne

Pour les règlements par chèque bancaire : à l’ordre de France Guillou.

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