Tu peux savoir qui sont les analystes

Par Bernard Porcheret

On ne s’engage pas dans une analyse innocemment, mais parce qu’on est angoissé, et que cette angoisse dure, ou bien parce qu’un symptôme est venu se mettre en travers de notre route, ou bien encore qu’une contingence traumatique de la vie a marqué une rupture, une bascule dans le cours de notre existence.
Si dans notre environnement culturel, familial, médical, social ou encore professionnel nous apprenons que la psychanalyse existe, alors on pourra parler à un psychanalyste, une rencontre pourra s’y produire, et un transfert s’installer. C’est valable pour tout analysant, et aussi pour tout analyste puisqu’un analyste a été, parfois est encore, parfois est à nouveau analysant.
Dans l’analyse on suppose d’emblée à l’analyste un savoir ; c’est la situation qui veut ça : on aime celui qui sait. Alors qu’avant de lui avoir parlé, l’analyste ne sait rien de nous.
Mais alors, l’analyste, qu’a t-il à savoir ? Qu’est-ce que sa propre analyse a pu lui apprendre qui lui permette d’occuper cette responsabilité ?
Ce que Lacan a proposé pour son Ecole en 1967, ce que l’ECF et l’AMP mettent depuis leur création au cœur de leur expérience, c’est d’apprendre des analysants eux-mêmes, de ceux qui prétendent avoir terminé leur analyse et s’autorisent comme analyste, d’apprendre d’eux ce qui les y autorise.
Pour cela Lacan a inventé une procédure, dite Procédure de la passe, au terme de laquelle une commission, nommée cartel de la passe, peut nommer AE, Analyste de l’Ecole, un analysant, appelé passant, dont elle a entendu le témoignage. Ce témoignage est recueilli et rapporté au cartel par deux passeurs, que le passant a rencontré à sa convenance. Ces passeurs sont des analysants proposés par leur propre analyste. Ils sont les plaques sensibles du dispositif.
La nomination intervient quand le cartel est convaincu que l’analyse du passant est arrivée à son terme, qu’elle a eu des effets sur sa jouissance. Il nomme quand il constate que la construction que le passant a faite (la construction est en effet toujours du côté de l’analysant et pas du côté de son analyste) n’est pas un plaquage de savoir analytique, mais s’appuie sur des faits cliniques, que sa logique est lisible et singulière ; aussi quand les affects produits par l’acte analytique indiquent qu’un événement de jouissance a marqué la fin de l’analyse, avec pour conséquence une satisfaction nouvelle. Satisfaction le plus souvent connotée d’enthousiasme et de gay sçavoir, source d’un rapport renouvelé à l’Ecole, et qui supporteront son enseignement.
Le cartel fait en effet un pari, le pari raisonné que ce nouvel AE pourra, au cœur de l’AMP, pendant les trois ans où il sera AE en exercice, démontrer d’abord l’impossible qui s’est déduit logiquement de son analyse, un Il n’y a pas (Il n’y a pas de rapport sexuel) ; démontrer également son savoir y faire avec cet Il y a absolument singulier qui est le reste de jouissance incurable de son sinthome.
C’est ce que nous aurons la chance d’entendre et de découvrir, samedi 25 Mars, lors de la conférence de Dalila Arpin!

Responsable de pôle : Solenne Albert – Email : solennealbert@hotmail.fr

L’Association de la Cause freudienne a pour objet l’étude de la psychanalyse et l’insertion de la psychanalyse dans la cité. Le bureau de Nantes-Saint Nazaire propose cette année des Conférences (organisées avec la Section Clinique de Nantes), les Soirées d’étude de la psychanalyse, les Rencontres cinéma-psychanalyse.

Par ailleurs, il aide à la formation et soutient le travail des Cartels (petits groupes de travail) de l’École de la Cause freudienne, ainsi que les activités des groupes du Champ freudien : Centre Interdisciplinaire de l’ENfant CIEN et Centre d’Etude et de Recherche sur l’Enfant Dans le discours Analytique CEREDA, ainsi que le Séminaire de recherches psychanalytiques de l’École de la Cause freudienne.