La psychanalyse se fonde d’un abord particularisé de chaque sujet, soit de ce qui le fait intimement différent de tout autre. Elle s’intéresse à ce qui chez chacun l’amène à se sentir en écart à la norme, et à se percevoir comme autre à lui-même, à ses propres idéaux. Elle considère l’altérité comme constitutive du lien social quelles que soient les normes, les valeurs, et les identifications soutenant la cohésion d’un groupe au moyen de signifiants partagés. Sur son versant thérapeutique, elle vise à soutenir la possibilité pour chaque Un de s’inscrire dans le lien aux autres en se servant de sa particularité, ce qui est une façon de civiliser le symptôme, soit « ce que chacun a de plus réel »1.
Quelle contribution peut-elle apporter dans l’élan actuel porté par le signifiant de l’inclusion dont les effets ne sont pas sans diviser les professionnels ?

Y a t-il des limites à la pratique de l’inclusion en famille, à l’école, en institution, au travail ? En quoi cette démarche porte t-elle à conséquence pour les sujets dits « différents » ou « handicapés » et pour leurs partenaires dans la vie sociale ? Comment exercer un juste discernement entre la demande des uns et le sentiment d’impuissance des autres, afin qu’une égalité de droit ne se résume pas à la revendication ou à la prescription d’une universalité au nom d’un « tous pareils », « tous fragiles »2 ? Au-delà de l’obligation annoncée de la société inclusive, quelles conditions sont requises pour que l’intention humaniste ne bute pas sur le revers de l’exclusion et pour que le désir d’accueillir chacun dans sa différence ne soit pas freiné par une trop grande difficulté à composer avec la logique de l’autre ? Comment, jusqu’où, former et soutenir les partenaires qui travaillent avec des sujets dits handicapés tout en devant assurer le bon fonctionnement de l’organisation (école, entreprise, famille, association…) où se conjuguent des potentiels très divers ?

Ces questions seront abordées à partir de situations professionnelles mais aussi sociales, grâce aux témoignages de praticiens et au concours de deux invités :
Bénédicte Jullien, psychanalyste, membre de l’ECF, fondatrice avec quelques autres de l’institution Intervalle-Cap pour l’accueil, le week-end, de sujets en situation d’exclusion sociale.
Catherine Malard, auteure formée à la psychosociologie, soutenant sa pratique littéraire et de formatrice à partir de son goût pour la rencontre de l’étranger sous ses diverses facettes.

1 Lacan J. Séminaire Le sinthome.

2 Cf l’entretien de Libération (11/02/2020) avec Charles Gardou, auteur de « La société inclusive, parlons-en », Erès 2012.

 

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En visioconférence (Zoom)
Participation aux frais : 15 euros, étudiants et demandeurs d’emploi : 10 euros
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