Le mystère de la vie
Dans son éloge funèbre à Freud, Zweig lui rend hommage en ces mots : « Nous tous dans cette pièce qui sommes encore en vie, qui respirons, parlons, écoutons, nous tous ici, nous sommes spirituellement mille fois moins vivants que ce mort immense dans l’étroitesse de son cercueil.[1] » Qu’est-ce qui rend vivants Freud, mais aussi Lacan, des années après leur mort, si ce n’est leur désir redivivus[2], leur travail incommensurable pour la cause analytique et le transfert qu’il suscite ?
Mais alors qu’est-ce que la vie ? Lacan dit que la vie, « on n’a aucune espèce d’idée de ce que c’est[3] », il s’agit donc de la penser. Il ne suffit pas d’avoir un corps vivant pour se sentir dans la vie. Le vivant, pour l’être parlant, tient à la manière dont le corps a été pris dans des raies du langage. C’est donc le signifiant qui permet, dans l’expérience subjective, que la vie prenne corps et palpite.
Et qu’est-ce que le « sentiment de la vie[4] », hapax de Lacan dans sa « Question préliminaire », sentiment qui se manifeste le plus souvent quand il fait défaut ou qu’il pâtit d’un désordre, comme dans la douleur d’exister ? Et quelles peuvent être les formes contemporaines du désir de vivre ?
Les 56es Journées de l’École de la Cause freudienne, qui se tiendront à Paris, les 7 et 8 novembre prochains mettront ces questions au travail, sur les plans cliniques et épistémiques et apporteront, à n’en point douter, quelques réponses !
Il est encore temps de s’inscrire aux Journées et à la fête, en un clic : https://my.weezevent.com/j56-le-sentiment-de-la-vie !
[1] Zweig S., « Sur le cercueil de Sigmund Freud », Sigmund Freud. La guérison par l’esprit, Paris, Le Livre de Poche, p. 145.
[2] Miller J.-A. & Alberti C. (s/dir.), Ornicar ? hors-série. Lacan Redivivus, Paris, Navarin, 2021.
[3] Lacan J., « Conférence à Louvain », texte établi par J.-A. Miller, La Cause du désir, no 96, juin 2017, p. 11-12.
[4] Lacan J., « D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose », Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 558.
Marjolaine Mollé pour la e-commission de l’ACF en VLB