La fonction paternelle

Cette neuvième soirée sera consacrée à la lecture du chapitre XXII, « Essai d’une logique en caoutchouc » p. 376-387 et du chapitre XXIII « Me donneras sans femme une progéniture » p. 395-408 du Séminaire, livre IV de J. Lacan, La Relation d’objet, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 1994.

« Chaque fois que, chez un sujet jeune, vous aurez affaire à une phobie, vous pourrez vous apercevoir que l’objet de cette phobie est toujours un signifiant. »[2] L’introduction à la fonction paternelle est pour le sujet de l’ordre d’une expérience métaphorique. Dans ces deux leçons, Lacan développe des formules qui traduisent les transformations successives de Hans lors du procès de sa phobie jusqu’au point d’arrivée à savoir une solution qui lui permet d’avoir « des relations objectales vivables ».

C’est dans le séminaire suivant que Lacan finalisera la formule de la métaphore paternelle. Le chemin que Hans aura parcouru dans l’Œdipe pour intégrer sa position sexuelle est un chemin atypique. La résolution de la phobie sera marquée du sceau de cette carence paternelle. Hans s’installe dans une paternité imaginaire et il aura des enfants imaginaires. La femme sera pour lui le fantasme de « ces petites sœurs-filles » qui ont peuplé son enfance.

La fonction paternelle que Hans assume est imaginaire.

Françoise Pilet

[1] Freud S., « Analyse d’une phobie chez un petit garçon de 5 ans (Le petit Hans) », Cinq psychanalyses, Paris, PUF, 2003, p. 93-198.
[2] Lacan J., Le Séminaire, livre IV, La Relation d’objet, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 1994, p. 395.

Echo de Nantes

Effets du signifiant

Roxane Arleo

La soirée Lire Lacan en présence de Jean-Louis Gault a clôturé une année de travail réalisée collectivement autour de la lecture du cas du Petit Hans par Lacan, dans le Séminaire IV, La Relation d’objet(1). Une soirée riche et passionnante où chacun a pu être interpellé par une problématique, un détail, un dire. Pour ma part, c’est la formulation : « le signifiant ampute une part de vivant », associée à la mise en perspective des remaniements signifiants successifs opérés par Hans qui a fait mouche. Ces deux éléments forment les points d’appui de cet écho.

Lors de cette soirée, J.-L. Gault nous a rappelé que l’opérateur de la castration, c’est d’abord le langage. En effet, l’expérience humaine de la réalité est médiatisée par le langage. Et, parce qu’il y a langage, il y a perte de jouissance. C’est ce qu’exprime la phrase employée par J.-L. Gault : « le signifiant ampute une part de vivant ». Cette formulation interpelle dans la mesure où elle révèle non seulement cet effet de perte, mais aussi tout le tranchant, l’irrévocable, la radicalité et le choc de cette marque première du signifiant sur l’être parlant. La castration au départ, c’est une claque.

Revenons à Hans. Ce petit garçon, bien implanté dans le langage, a déjà subi cet effet de perte provoqué par le signifiant. Tout de la jouissance n’a pas disparu pour autant. Dans le récit de la cure, Hans fait l’épreuve d’une jouissance qui touche son être et qui a pour effet de l’éjecter de la place qui était la sienne dans la relation à sa mère. Hans cherche une issue à l’angoisse en mobilisant l’ensemble symbolique et articule entre eux les signifiants qui sont à sa portée. Ces opérations signifiantes produisent des effets dans la vie de Hans. Bientôt le symptôme phobique disparaît c’est la fin du traitement.

Alors que la castration opérée par le langage était de l’ordre d’un choc qui marque le corps, la castration comme résolution de la crise œdipienne apparaît davantage comme l’aboutissement d’un procès, d’un mouvement dans lequel le sujet est pleinement engagé. Accompagné de son père – et derrière son père, de Freud –, Hans parcourt un chemin qu’il construit lui-même et qui l’amène à mortifier cette jouissance en laissant une place au manque, tremplin essentiel du désir. Lors de la soirée de clôture, il m’est apparu que ce mouvement du sujet engagé dans sa question, était en lui-même résolument vivifiant. Comme les soirées Lire Lacan !

Lacan J., Le Séminaire, livre IV, La Relation d’objet, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 1994.

Informations

En visioconférence : inscription sans frais par mail.

Vous pouvez vous inscrire aux Soirées Lire Lacan à tout moment.

Un lien zoom sera envoyé aux personnes inscrites le mercredi 30 avril dans la journée.

Pour travailler les textes en cartels, se renseigner auprès de David Bruzon, délégué aux cartels pôle de Nantes, Saint-Nazaire, Vannes et Lorient.

 

 

 

 

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