Conversation autour du livre : « Solutions élégantes à la psychose »

En présence de l’auteur : Mickaël Peoc’h

Avec les interventions de Brendan Cloitre et de Catherine Le Touzo.

Argument :

Le livre Solutions élégantes à la psychose, de Mickaël Peoc’h, se présente comme une invitation à considérer les modalités par lesquelles un sujet psychotique peut parvenir à une stabilisation, à élaborer une suppléance, une solution sinthomatique, lui permettant de se tenir dans l’existence. Il s’intéresse à la manière dont le sujet réussit à habiter élégamment le langage et à se construire un corps, ce qui permet un certain arrimage à la vie et au lien social. Il n’y a pas de solutions universelles à la psychose, mais seulement des solutions uniques, qu’elles soient fragiles et transitoires ou, au contraire, solides et durables. En affirmant qu’il n’existe ni petites ni grandes trouvailles, que toutes méritent d’être reconnues et soutenues, cette contribution « restitue la dignité des solutions, sans présager de leur valeur ». Cette position refuse un regard déficitaire sur la psychose et engage une éthique clinique, où le clinicien se laisse enseigner par ce que le sujet invente. Cet ouvrage contribue ainsi à inscrire la clinique psychanalytique contemporaine dans une logique respectueuse des singularités, tout en ouvrant des perspectives pour penser l’accompagnement au quotidien des sujets psychotiques.
Lors de cet après-midi, nous converserons avec Mickaël Peoc’h, à partir des interventions de Brendan Cloitre et Catherine Le Touzo.

Deborah Allio

Écho

Retour sur les « Solutions élégantes à la psychose »
Deborah Allio

Nous avons été particulièrement sensibles à l’orientation défendue le 14 mars dernier, lors d’un après-midi d’échanges à Lorient avec notre collègue de l’ACF Mickaël Peoc’h, enseignant-chercheur à Rennes 2, venu présenter son ouvrage, Solutions élégantes à la psychose, qui restitue : « la dignité des solutions, sans présager de leur valeur ». Cette position est essentielle, à la fois sur le plan éthique et sur le plan clinique. Il n’y a que des solutions singulières, et toutes méritent d’être reconnues et soutenues, qu’elles soient fragiles et transitoires ou, au contraire, solides et durables.

Qu’un délire soit pauvre ou au contraire construit comme c’est le cas du pousse-à-la-femme de Schreber que Lacan qualifie de « solution élégante », nous sommes toujours face à une tentative de solution nécessaire. Chacune, chacun est amené à composer avec une douleur de vivre, avec une atteinte du sentiment de la vie, ou, à l’inverse, avec une énergie débordante que notre époque tend à nommer sous la forme de troubles et d’acronymes – Bipolarité, TDAH, HPI, HPE – s’inscrivant dans un mouvement de dépathologisation et de méprise du symptôme, comme réponse du sujet.

Mickaël Peoc’h a évoqué divers modes de soustraction de jouissance possibles, allant de solutions radicales, telle que l’amputation d’un membre, à des pratiques plus socialement reconnues, comme la pratique d’un sport pour éprouver ses limites corporelles. Toutes ces manœuvres visent à se fabriquer un corps et à se l’approprier, lorsque sa construction a fait défaut. C’est ce qui se donnait à entendre dans quelques illustrations présentées par Brendan Cloître, psychomotricien et Catherine Le Touzo, éducatrice spécialisée. Ces situations relèvent d’une « clinique fluide », faite de « glissements d’une solution à l’autre, d’épures, d’ajouts, de branchements ou de débranchements », comme l’indiquait notre invité. Les rencontres et appuis pluralisés trouvés par ces adolescents en institution facilitent leur construction et leur accroche à la vie. Cette pragmatique démontrée en acte invite les praticiens et cliniciens à savoir reconnaître ces arrangements et nouages en cours d’élaboration, à les accompagner et à leur accorder la dignité qu’ils méritent.

Informations

Pôle formation IUMM, 12 rue de la Cardonnière,
56100 LORIENT
Participation aux frais : 10€,
Etudiants, demandeurs d’emploi : 5€

Contact

acfvanneslorient@gmail.com