Cycle d’étude 2025-2026

Atelier clinique en présence de Jean-Noël Donnart, psychanalyste, membre de l’ECF
Interventions de Maude Le Priol et Solène Le Douarin.

Argument 

Dans l’après-coup de la pandémie de COVID 19, Patricia Bosquin Caroz faisait valoir l’effet de choc collectif produit par l’expérience. Elle soulignait cependant qu’un « choc n’est pas en soi traumatique. Il ne faut pas confondre ce qui est traumatogène avec ce qui est traumatique »[1], et rappelait ce que Serge Cottet avait naguère précisé : « tout évènement douloureux n’est pas traumatique au sens strict […] ; pour parler à bon escient de traumatisme, il faut la rencontre inopinée avec un réel générateur d’angoisse »[2]. Elle concluait de ce fait ainsi : de la portée sexuelle conférée par Freud au trauma, à l’idée des effets de la langue sur le sujet devenu parlêtre, le trauma reste en définitive de l’ordre de l’éprouvé. En ce sens, il ressortit « toujours à une effraction de jouissance. Il fait trou dans la trame du sens »[3] et nécessite, dès lors, son interprétation.

Nous avons pu prendre un premier aperçu de cette piste à l’occasion de la conférence de notre collègue Jean-Noël Donnart, à l’automne dernier[4]. Ce dernier nous a en effet rappelé une indication de Jacques-Alain Miller : « Le “il n’y a pas de rapport sexuel” nous donne en quelque sorte l’axiome des traumatismes. Évidemment ça ne permet pas de savoir quand, comment et avec qui s’est produit ou se produira le traumatisme. Ça nous assure qu’il y en aura un, qu’il y en a un de toutes façons[5] », montrant combien celle-ci déplace notre appréhension : « Jacques-Alain Miller met l’accent non pas sur la catégorie de l’universel, sur le tous, mais sur celle du nécessaire : il y en aura un de toutes façons, ce sont deux logiques différentes »[6].

Résultat : nous sommes ainsi sans aucun doute tous traumatisés – à notre époque, qui en douterait ? –, cependant il vaut peut-être plus de constater le caractère inéluctable du trauma, inhérent à notre condition de parlêtre : l’on n’y échappe pas, et il revient alors à chacun d’interpréter, à sa manière, le choc langagier et son parasitisme. Freud l’avait compris, lui qui fit, il y a plus d’un siècle, l’offre de parole à des femmes, à qui leurs symptômes et leur cohorte de souffrances rendait la vie invivable[7]. Traumatisées, elles l’avaient certes été, mais, en définitive, ni plus ni moins que Joyce, dont, comme le signalera Lacan, « on ne peut pas dire, qu’à l’endroit de la parole, quelque chose n’était pas imposé »[8] – la preuve par ses épiphanies.

L’atelier clinique nous permettra de revenir sur ces aspects, à partir de quelques illustrations présentées par Maude Le Priol et Solène Le Douarin. Il se tiendra en présence de Jean-Noël Donnart, psychanalyste, avec qui nous converserons.

David Oger

[1] Bosquin-Caroz P., « Trauma transindividuel », L’Hebdo-blog, 9 janvier 2022, disponible en ligne.
[2] Cottet S., « Freud et l’actualité du trauma », La Cause du désir, nº86, mars 2014, p. 28.
[3] Bosquin-Caroz P., « Trauma transindividuel », op. cit.
[4] Cf. Donnart J.-N., « Tous traumatisés : l’extimité du trauma ? », conférence du 29 novembre 2025, cycle d’étude 25-26 de l’ACF en VLB à Vannes-Lorient, inédit.
[5] Miller J.-A., « L’orientation lacanienne. Cause et consentement », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l’université Paris 8, cours du 13 janvier 1988, inédit.
[6] Cf. Donnart J.-N., « Tous traumatisés : l’extimité du trauma ? », op. cit.
[7] Cf. Freud S., Breuer J., Études sur l’hystérie (1895), Paris, PUF, 1997.
[8] Lacan J., Le Séminaire, livre XXIII, Le Sinthome, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 2005, p. 151.

 

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