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© Paul Pfeiffer. Photo Erma Estwick – Courtesy Paula Cooper Gallery, New York.
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Filmer ce que l’œil ne saurait voir
Thomas Kusmierzyk
Drôle de paire que celle du cinéma et de la psychanalyse ! Tous deux nés à l’orée du vingtième siècle, qu’est-ce qu’une pratique visant l’insu et un art qui, par son « pur dispositif de fenêtre […] met en rapport le sujet et le monde1 », peuvent bien avoir à se dire ?
Avec Freud et Lacan, rappelons que le psychanalyste suit l’artiste et s’enseigne de lui. Ainsi, depuis longtemps, l’École de la Cause freudienne veille, lors des Journées ou des activités de connexion dans l’ACF, à ce que puisse se poursuivre la rencontre entre la psychanalyse et le cinéma.
Sur ce point, Lacan note plutôt : « On dit qu’un art est fait pour plaire : c’est sa définition, mais ça ne suffit pas au cinéma : il faut y être convaincant.2 » L’image, tout comme le signifiant d’ailleurs, en impose au spectateur. À la fois travail d’écriture et de mise en image, le cinéma est une vision orientée. Mais qu’est-ce qui dirige le regard du cinéaste, et que veut-il nous montrer ?
Parmi tant d’autres, la réalisatrice Claire Simon témoigne à propos de son art : « Filmer le réel c’est filmer la première fois, pour la première fois, c’est l’enfance du cinéma, sa joie et sa jubilation. C’est jouer pour de vrai.3 » Comme pour répondre à Lacan, elle précise : « Croire. Voilà il s’agit de croire qu’il y a là l’histoire que je veux raconter dans ce que je suis en train de filmer. Je crois et donc je filme pour voir si c’est vrai, si j’ai raison de croire.4 » Au cinéma, il faut être convaincant. Certes, le savoir-faire et le style importent, mais filmer est surtout une affaire de désir : celui d’un artiste qui capte un réel, désir qui préside à l’invention et peut parfois nous emporter avec lui.
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1. Wajcman G., « Vive l’eau de rose ! », in Joucla J. (s/dir.), Au cinéma, croire à l’inconscient, Lormont, Éditions nouvelles Cécile Defaut, 2016, p. 7.
2. Lacan J., « Sur L’Assassin musicien de Benoît Jacquot », in Miller J.-A. (s/dir.), Lacan regarde le cinéma. Le cinéma regarde Lacan, Paris, École de la Cause freudienne, 2011, p. 195.
3. Simon C., « Pourquoi le réel ? », disponible en ligne.
4. Ibid.
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« On dit qu’un art est fait pour plaire : c’est sa définition, mais ça ne suffit pas au cinéma : il faut y être convaincant. »
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Lacan J., « Sur L’Assassin musicien de Benoît Jacquot », in Miller J.-A. (s/dir), Lacan regarde le cinéma. Le cinéma regarde Lacan, Paris, École de la Cause freudienne, 2011, p. 195.
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À propos du « regard caméra » dans Les Quatre cents coups (1959)
Jeanne Joucla
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La Gradiva : quand l’urgence de la vie rencontre la Villa des Mystères
Hélène Girard
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Filmer des adolescents face au mystère.
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Du sentiment de la vie chez Joachim Trier
Camilo Ramirez
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Choses de finesse sur grand écran.
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Crédit image : © Paul Pfeiffer. Photo Erma Estwick – Courtesy Paula Cooper Gallery, New York.
Artiste : Paul Pfeiffer Self-Portrait as a Fountain. 2000
Vidéo, techniques mixtes. Dimension variables
Pinault Collections
« L’écran de cinéma est ici le révélateur le plus sensible. Pour nous servir simplement du tout dernier film de Hitchcock, voyez sous quelle forme se présente le débrouilleur d’énigme, celui qui se présente là pour trancher sans appel au terme de tous les recours. »
Lacan J., Le Séminaire, livre VIII, Le Transfert, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 2001, p. 23.
Installation grandeur nature représentant la scène de la baignoire tirée du film Psychose d’Alfred Hitchcock. Sur un écran splitté le spectateur voit en direct les images de l’intérieur où seule l’eau de la douche coule. Un dispositif de caméras est positionné selon les différents cadrages du film. Paul Pfeiffer, artiste américain né en 1966, explore, à travers la vidéo, la sculpture et l’installation, les mécanismes de représentation, de la société du spectacle.
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