Conférence d’Hélène Toussaint, docteure en psychologie,
sur la particularité des objets dans la dynamique subjective des enfants et adolescents autistes, en lien avec le thème du CEREDA
« Les enfants et leurs objets »
et débat animé par Isabelle Buillit, psychanalyste et membre de l’ECF
L’objet autistique peut prendre la forme d’un objet qui tourne, qui est dur, qui se balance ou bien d’un objet qui s’ancre dans ce que l’on nomme des intérêts spécifiques et restreints. L’objet autistique est communément considéré comme enfermant et coupant le lien du sujet à son environnement. Néanmoins, les recherches contemporaines sur l’autisme dans le champ de la psychanalyse, notamment à partir des travaux de JC Maleval, envisagent l’objet autistique à la fois sur le versant de la défense du sujet contre ses angoisses de séparation ou d’envahissement mais également dans sa dimension pulsionnelle, soit ce qui permet une mise en lien du sujet avec l’autre ou son environnement, à certaines conditions.
Écho
a-bord de l’autisme : vers un A-bord et un plus de vie
Colette Baillou
Comment arriver à rendre intelligible l’apport de la psychanalyse d’orientation lacanienne dans la cure des sujets autistes à partir des notions d’objet et de bord ?
C’est le pari réussi d’Hélène Toussaint, docteure en psychologie clinique, lors de la soirée organisée conjointement par l’ACF à Angers et la Ronde enfantine CEREDA, « L’autiste et ses objets » avec, à l’appui de sa conférence, sa thèse1, les références précieuses de Léo Kanner, Sigmund Freud, Jacques Lacan, Éric Laurent, Jean-Claude Maleval et en illustration, les biographies de Donna Williams, Temple Grandin, Daniel Tammet et les cures de Benjamin et Mathieu.
D’avoir su nouer les apports théoriques avec les éléments cliniques puisés dans des témoignages et son expérience a donné à cette soirée son caractère de démonstration du savoir-faire et de l’efficace de la prise en charge des enfants autistes par les praticiens orientés par la psychanalyse lacanienne. Et ce, comme l’a souligné Isabelle Buillit, psychanalyste, membre de l’ECF, invitée au débat, à rebours des tentatives actuelles d’éliminer cette pratique.
Extraits :
« Le bord se forme la plupart du temps via des objets autistiques, via des intérêts spécifiques ou par l’usage d’un double comme porteur de la parole qui évite à l’enfant autiste de s’exposer au ratage. »
« Tous les enfants autistes ne sont pas prodiges et tous n’ont pas d’intérêts spécifiques clairs, mais pour certains, leurs passions dévorantes peuvent constituer un bord et une possibilité de lien social […]. Ces intérêts, dits restreints par le DSM5, sont considérés à tort comme des empêchements car ils sont au cœur de la subjectivité et du sentiment identitaire des enfants autistes. »
Ainsi, l’attention portée à la singularité de l’objet de Benjamin – la politique – et l’introduction délicate de coupures auxquelles il a consenti lui ont permis une inscription dans un lien social – A-bord – où il vient récupérer un plus de vie pourvu que « ça grouille ».
Une conclusion s’impose : à partir du « signe et de l’immuabilité comme première solution », la prise en compte de l’objet autistique comme bord peut être la chance d’une nouvelle dynamique subjective.
En insistant sur son effet vivifiant, Hélène Toussaint et Isabelle Buillit nous ont offert une introduction aux 56èmes Journées de l’ECF sur « Le sentiment de la vie ».
1 Toussaint H., « Des conditions subjectives pour une éducation inclusive des enfants autistes. L’objet autistique ou l’intérêt spécifique comme passerelle », Rennes 2, 2025, disponible sur internet.
Informations
Bibliothèque anglophone
60 rue Boisnet
49100 ANGERS
participation aux frais : 5€
gratuit pour les étudiants
sans réservation