Gouverner
David Mabille
À l’heure du déclin du symbolique, comment gouverner ?
Le signifiant maître n’est plus le point de fuite qui instaurait un ordre symbolique sur fond d’un renoncement pulsionnel et de son malaise afférent. L’impossible freudien, qui pointait un réel de structure, est remplacé par la promesse, toujours à renouveler, d’un c’est possible capitaliste. Un lien direct à l’objet en forme de court-circuit permettrait une jouissance toute. Tout manque pourrait être ainsi résorbé. C’est aujourd’hui l’objet qui commande au nom d’un toutalitarisme. Le résultat en est un lien social fondé sur l’objet, soit une ségrégation en groupes de jouissances spécifiques.
Le discours capitaliste, disait Lacan, « ça marche comme sur des roulettes, ça ne peut pas marcher mieux, mais justement ça marche trop vite, ça se consomme, ça se consomme si bien que ça se consume1 ». Comment mieux dire ce qu’on appelle aujourd’hui le burn-out ?
Le discours analytique est le seul qui ne soit pas un discours de domination. Il ne s’agit pas de prétendre gouverner le réel ou de l’abolir par un coup de dés, mais de s’en orienter.
De Sade à Hannah Arendt, en passant par la direction de la cure, les textes qui suivent abordent la question de gouverner à travers des perspectives renouvelées.
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1. Lacan J., « Du discours psychanalytique », Lacan in Italia 1953-1978. En Italie Lacan, Milan,
La Salamandra, 1978, p. 48.