La formule de Lacan est célèbre : l’artiste précède le psychanalyste [1], et c’est en quoi nous avons à nous en enseigner, pour ne pas le réduire « au rôle de faire-valoir [2] » de la théorie. Pour ce double numéro de Phénix, dédié à l’art, intéressons-nous au savoir secret que l’artiste semble détenir sur le réel en jeu dans l’expérience humaine, réel qui affleure dans les œuvres d’art. Les textes de ce numéro tentent de lever le voile sur le secret de la création, sans jamais le percer à jour, puisqu’il relève d’un indicible, d’un invisible. L’intime de la sublimation ne délivre pas tous ses mystères et c’est justement ce secret qui donne aux œuvres d’art leur caractère mystérieux et leur beauté.
Remi Lestien propose une lecture du film Le Tableau volé, en avançant que, derrière les mensonges et les faux-semblants du monde du marché de l’art, se cache un secret bien plus intime. Dans son texte sur Niki de Saint Phalle, Anne-Elisabeth Labenne nous mène sur la voie du secret de l’artiste et de son travail de création : répondre à l’effraction du réel traumatique, selon un temps logique.
Pour sublimer ce numéro, Françoise de Felice, artiste peintre, nous a fait le plaisir de répondre à quelques questions suggérées par sa peinture, toute en transparence qui donne à voir, sans tout montrer.
Bonne lecture !
Marjolaine Mollé,
pour l’équipe de Phénix
[1] Cf. Lacan J., « Hommage fait à Marguerite Duras, du ravissement de Lol V. Stein », Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, p. 192.
[2] Laurent É., « Style de vie », La Cause freudienne, n°25, septembre 1993, p. 3.
© Photo(s) : Françoise de Felice