Rencontre Théâtre et Psychanalyse : conversation autour de la pièce « Le petit Hans » avec Caroline de Diesbach, pour l’adaptation la mise en scène et le jeu, l’équipe de la Ronde enfantine et Marie-Claude Chauviré et Nathalie Morinière, membres de l’ECF

 

Lors de cette soirée, nous aurons le plaisir d’assister à la représentation du « Petit Hans », un cas princeps de Freud, adapté et joué par Caroline de Diesbach, dans une mise en scène de théâtre d’objets. Nous découvrirons le travail incroyable de ce petit garçon de cinq ans pour traiter sa phobie, assisté en cela par son père, dans un lien de transfert à Freud. Avant la phobie, Hans était dans une excitation permanente cherchant à plaire à sa mère et portant un grand intérêt à la sexualité. En s’appuyant sur les dires de Hans ainsi que sur la théorie freudienne de la sexualité infantile, nous assisterons au travail d’analyse visant à élucider l’énigme de cette angoisse qui entrave les déplacements de l’enfant.

Cette soirée est organisée dans le cadre de la semaine de la Santé mentale dont le thème est cette année : « Pour notre santé mentale, réparons le lien social », en partenariat avec Le Fil d’Ariane (Association étudiante de Master de psychopathologie clinique psychanalytique de l’université d’Angers), le Qu4tre (salle culturelle de l’Université d’Angers), l’ACF (Association de la Cause freudienne) et le Cereda (Centre d’Études et de Recherche sur l’Enfant dans le Discours Analytique).

A l’issue de la représentation, nous discuterons avec Caroline de Diesbach pour connaître l’histoire de ce spectacle et ses motivations dans le choix de ce cas. Nous verrons aussi en quoi la cure du Petit Hans nous enseigne encore aujourd’hui. Comment Lacan, dans sa relecture de Freud, permet une lecture contemporaine d’un cas de phobie chez un enfant de cinq ans et nous donne des clefs pour la clinique avec les enfants, adolescents et adultes que nous recevons. Des cliniciens, éducateurs, psychologues, psychanalystes, témoigneront de l’usage précieux des concepts de la psychanalyse dans leur pratique quotidienne.

Conversation animée par l’équipe de la Ronde enfantine avec la participation de Marie-Claude Chauviré et Nathalie Morinière, membres de l’ECF.

Chantal Decourrière

 

Écho sur la soirée Petit Hans :

Faire le pari de l’inconscient dans le soin psychique !

Chantal Decourrière

Le 7 octobre dernier à Angers, nous avons eu le plaisir d’assister à la représentation théâtrale, sous la forme de théâtre d’objets, d’un cas princeps de Freud, mis en scène et joué par Caroline De Diesbach intitulé Le petit Hans. Faire entendre l’actualité de la découverte freudienne de l’inconscient auprès d’un large public, tel était l’enjeu de cette soirée. En effet, le désir de l’équipe de la Ronde enfantine et des collègues de l’ACF de diffuser ce spectacle a rencontré celui des responsables de la salle culturelle de l’université d’Angers (Le Qu4tre) qui étaient à la recherche de spectacles pour leur semaine de la Santé mentale dont le thème était cette année : « Pour notre santé mentale, réparons le lien social ». La condition de ce projet nécessitant l’engagement de l’Association étudiante de Master de psychologie de l’université d’Angers (Le Fil d’Ariane), ce fut une belle occasion de travailler ensemble à la préparation de cette soirée. Ainsi, les nombreux étudiants présents dans le public ont pu découvrir le Cereda via la Ronde enfantine.

La formidable mise en corps, voix et objets, par Caroline De Diesbach, a permis de faire résonner de façon inédite le texte freudien et l’incroyable travail de Hans, cet analysant de 5 ans, rencontré une fois par Freud, pris dans le transfert paternel, pour élucider l’énigme de sa « bêtise [1] », sa phobie, son angoisse. Cette mise en scène, par le mouvement des objets, l’interprétation de l’actrice des différents rôles – Freud, le père et la mère de Hans, Hans, la conférencière mais aussi la mise en mouvement des objets en jeu – le cheval, la cigogne, les locomotives, les enfants de Hans… – a suscité une réelle surprise chez le spectateur. Elle nous a fait éprouver ce travail vivant d’analyse. Nous suivons Hans en perpétuel mouvement, qui s’accroche à des objets puis les abandonne ou les transforme, élabore des rêves et des fantasmes. Le jeu de l’actrice, allers-retours entre Hans, son père et Freud, nous fait apercevoir peu à peu les bricolages de ce jeune garçon et souligne le défilé des signifiants, des rêves et des fantasmes sous transfert. Il éclaire la dynamique inconsciente permettant à Hans de résoudre sa phobie et de retrouver sa liberté de mouvement et son lien social.

Cette soirée fut donc une occasion de témoigner de la nécessité de donner la place au savoir inconscient d’un sujet sans chercher à éradiquer les symptômes ou les « troubles », laissant le temps au sujet de trouver des solutions à sa mesure. Dans le spectacle, la conférencière, alias Caroline s’autorise quelques digressions. En conversant avec Freud, émerge le désir de Caroline De Diesbach, un désir vif à l’endroit de la psychanalyse. 

Faire le pari de la parole et de l’inconscient dans le soin psychique reste donc une question éthique et politique aujourd’hui comme à l’époque de Freud. Le rendez-vous du public à cette proposition artistique nous montre que cette approche, malgré les multiples et récentes tentatives pour éradiquer le sujet de l’inconscient, reste vivante.

[1] Freud S., « Analyse d’une phobie chez un petit garçon de 5 ans (Le petit Hans) » [1909], Cinq psychanalyses, Paris, P.U.F, 1954, p. 93.

Informations

Le Qu4tre

4 allée François Mitterand 49100 Angers

entrée libre

 

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