L’enfance est intimement liée au secret. Le monde de l’enfant est un monde de secrets : secrets confiés à ne pas répéter, cachettes secrètes[1], jeux secrets, journaux intimes, etc. Mais quelle place cela a-t-il dans une époque où le mot d’ordre est celui de la transparence ?
Les textes de Solenne Albert et Adeline Suanez nous donnent à voir la nécessité de constituer un secret pour l’enfant, condition même de l’inconscient et de son émergence dans sa subjectivité. Solenne Albert nous démontre en quoi la tyrannie de la transparence est pathogène et peut être à l’origine des symptômes de l’enfant. Adeline Suanez rend sensible la nécessité pour lui d’une logique du pas-tout face à l’idéal contemporain de la toute-transparence.
Nous ne sommes plus à l’ère de la furor sanandi, mais à celle de la « furie diagnostique [2] ». Face à ce que l’enfance a toujours comporté d’énigmatique et la difficulté pour les adultes de faire avec ce qui agite les enfants, l’épinglage par le diagnostic voudrait les percer à jour, faire en sorte que l’enfance n’ait plus de secret. Dans son texte, Cécile Cappelle vient interroger cette volonté de tout savoir sur l’enfant et quel bon usage le médecin peut faire du diagnostic au service de la pratique clinique.
Dans la rencontre avec l’enfant, l’analyse fait consister un espace de secret, à la fois pour l’Autre et le sujet lui-même, qui y déploie à son insu sa constellation subjective en même temps qu’il la découvre. La cure analytique est un le lieu à nul autre pareil pour l’élaboration de ce jardin secret.
Alexandre Gouthière et Marjolaine Mollé
Pour l’équipe Phénix
[1] Cf. Texte de Solenne Albert « L’Enfant et ses cachettes secrètes », disponible sur le site.
[2] Leduc C., « Trouble quantitatif généralisé, avec Bruno Falissard », Studio Lacan, 9 mai 2026, disponible sur internet.