Marjolaine Mollé,
pour l’équipe de Phénix
Préparer un événement tel que le Forum Campus Psy est l’occasion de travailler les écrits de références sur le secret et de la transparence. Les échanges avec le comité scientifique dans la construction du thème et l’élaboration du programme, mais aussi la lecture des textes proposés pour la newsletter Phénix, permettent de constituer une précieuse bibliographie. Vous y retrouverez bien entendu des ouvrages et articles d’orientation de Freud, Lacan et Jacques-Alain Miller, mais aussi d’autres auteurs de notre champ. Nos invités, Jean Guisnel et Christophe Daadouch y sont à l’honneur. Vous découvrirez également quelques romans, classiques et contemporains, qui interprètent la question du secret.
Des collègues de l’équipe de Phénix ont récolté quelques pépites, que nous avons le plaisir de vous faire découvrir.
Bonne lecture !
Algorithme maître et secret
Ces différents fils, traçabilité des corps, psychologisation des activités socialement exigibles des individus […], interlocuteurs construits par algorithme, autant d’indices sur la direction prise par le maître de demain dont Lacan a pu dire que « c’est dès aujourd’hui qu’il commande »
Brousse M.-H., « Chronique du malaise : du secret », L’Hebdo-Blog, n°260, 31 janvier 2022, disponible sur internet.
Politisation de l’intime
La politisation de l’intime ne date pas d’aujourd’hui […]. Voir s’étaler au grand jour des témoignages publics sur la vie amoureuse et sexuelle a ceci de nouveau qu’il s’agit de témoignages en première personne qui simultanément prennent la valeur du devoir politique : « faire reconnaître dans toute son ampleur la dimension sociale de l’enjeu ». Se déclarer pour que le monde change. […] Cette forme d’expression témoigne en outre de l’effacement de la cause intime ou inconsciente dans la subjectivité contemporaine.
Alberti C., « La sexualité depuis Lacan », Mondó, Édition 8, 11 septembre 2025, disponible sur internet.
L’objet du secret
les barrières, aujourd’hui, ne cessent d’être franchies, et le voile de la pudeur de se déchirer, nous laissant désemparés devant une certaine horreur, barbarie à visage inhumain. Ce qui ne peut ni ne doit être vu est exposé cependant dans une jouissance de la transgression jusque-là inédite. […] L’éthique de la psychanalyse est alors ici convoquée comme éthique du regard, beauté et pudeur définies comme barrières à ne point franchir
Naveau L., « Beauté et pudeur. Réflexion sur l’obscène », Blog du Congrès de la NLS, 2024, disponible sur internet.
Savoir et transparence
La transparence à quoi l’on prétend relève d’une totalisation illusoire et forclusive. Elle nie toute division subjective, en même temps qu’elle rend impossible toute assomption de la béance qui troue le savoir.
Lebovits-Quenehen A. (s/ dir.), « Dossier : la transparence », Le Diable probablement, n°2, mars 2007, p. 5, disponible sur internet.
© Photo(s) : Céline Danloy