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Édito

Le secret d’un cas, un devoir de l’analyste

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Dans l’avant-propos de son célèbre cas Dora, Freud évoque le problème difficile à résoudre de la publication de ses observations. En effet, « [s]’il est exact que l’hystérie ait sa source dans l’intimité de la vie psychique sexuelle des malades, et que les symptômes hystériques soient l’expression de leurs désirs refoulés les plus secrets, l’éclaircissement d’un cas d’hystérie doit nécessairement dévoiler cette intimité et trahir ces secrets1».

Freud ne recule pas face à l’enjeu. Il estime avoir certes un devoir envers ses patients, mais aussi envers « la science », ce qui « veut dire, au fond, envers beaucoup d’autres malades qui souffrent du même mal ou en souffriront »2. Il considère en conséquence que « [l]a publication de ce qu’on croit savoir sur la cause et la structure de l’hystérie devient un devoir, l’omission, une lâcheté honteuse, à condition d’éviter un préjudice direct à son malade3 ».

Il s’agit donc pour lui de trouver une voie de passage qui respecte ces deux devoirs : celui de masquer les éléments susceptibles de révéler l’identité de son patient et celui de transmettre le savoir tiré de l’étude de son cas. Au fond, il est question de résoudre un problème qui tient au maniement de deux secrets : le secret que recèle le cas, qui lui doit être partagé, et celui que l’on doit au patient pour préserver son intimité et sa confiance dans le dispositif analytique. C’est un exercice exigeant et subtil, dont il s’agit encore et toujours de relever le défi. Il en va de la transmission du savoir dans la psychanalyse.

Les textes de ce numéro abordent cet enjeu. François Brunet nous éclaire sur la logique d’une décision de justice rendue précisément en la matière en 2006. Quant à Caroline Doucet, elle pose la question du statut des témoignages contemporains en première personne et de leurs conséquences sur les sujets qui s’y essaient. À l’heure du dévoilement de son intimité au grand jour, quelle place encore pour les semblants dans l’usage de la parole ?

Bonne lecture !

Alexandre Gouthière, 

pour l’équipe de Phénix

[1] Freud S., « Fragment d’une analyse d’hystérie (Dora) », Cinq psychanalyses, Paris, PUF, 2001, p. 2.

[2] Ibid.

[3] Ibid.

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L’objet du secret

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L’ombre de la vérité

Caroline Doucet
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Chacun sait que toute vérité n’est pas bonne à dire. Les semblants ont une fonction essentielle dans les relations entre les parlêtres. Avec les semblants, il ne s’agit pas de mentir, mais d’user du symbolique et de l’imaginaire dans l’abord de la vérité qui ne peut que se mi-dire
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Savoir et transparence

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Le cas clinique, entre secret et divulgation

François Brunet
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Les débats actuels sur la communication des cas cliniques et leur articulation avec le secret peuvent être éclairés par une décision de justice rendue en 20061, dans laquelle un psychanalyste de la Société Psychanalytique de Paris (SPP) avait été condamné pour atteinte au devoir de confidentialité après avoir évoqué sans précautions la cure de son ancienne patiente dans un ouvrage grand public.
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